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La police de la République Démocratique du Congo entre au parlement après de nouveaux affrontements

La police de la République Démocratique du Congo entre au parlement après de nouveaux affrontements

La police s’est déployée au parlement de la République Démocratique du Congo au deuxième jour des affrontements déclenchés par une crise entre le président Félix Tshisekedi et les partisans de son prédécesseur Joseph Kabila.

Au moins trois personnes ont été blessées alors que des groupes rivaux, y compris des législateurs, se sont bagarrés et ont lancé des objets avant que la police ne rétablisse l’ordre, ont constaté les journalistes de l’AFP.

La violence au sein du pays en difficulté fait suite à une crise de plusieurs mois entre la coalition gouvernementale forgée par Tshisekedi et un groupe pro-Kabila.

Dimanche, Tshisekedi a déclaré qu’il prévoyait de former une nouvelle coalition afin de faire avancer les réformes indispensables. Il a averti qu’il pourrait être contraint de dissoudre le parlement et de tenir de nouvelles élections.

Les partisans de Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC), qui détient plus de 300 sièges sur 500 à l’Assemblée nationale, ont réagi avec fureur, accusant Tshisekedi de violer la constitution.

Une session brève mais houleuse a cependant eu lieu, au cours de laquelle des pétitions ont été déposées pour la démission du président pro-Kabila de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et d’autres membres.

Mboso N’kodia Mpwanga, qui a présidé la session, a déclaré qu’elle avait réuni 279 des 500 députés. Aucun appel n’a été effectué et Jeanine Mabunda n’était pas présente. Les pétitions seront examinées en séance plénière, le 10 décembre.

Inquiétude internationale

Les tensions ont déclenché une alerte internationale, ravivant les souvenirs de violences au sein de la République démocratique du Congo. Les coups d’État et la guerre ont ensanglanté le pays depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Les provinces de l’est de la RDC restent sous l’emprise de milices impitoyables – héritage de deux guerres régionales dans les années 1990. L’Union africaine a appelé les dirigeants du pays à « œuvrer résolument et sincèrement pour l’harmonie nationale et pour préserver la paix et la stabilité ».

L’envoyée de l’ONU Leila Zerrougui, s’adressant au Conseil de sécurité, a mis en garde lundi contre « de graves répercussions sur la situation économique et sécuritaire (en RDC) ».

Tshisekedi a été nommé lors d’élections très retardées en décembre 2018 qui, bien que pacifiques, étaient entachées d’accusations de fraude.

Kabila avait pris ses fonctions en janvier 2001, succédant à son père, Laurent-Désiré Kabila. Agé de 49 ans, il conserve une influence considérable grâce aux alliés politiques et aux officiers qu’il a nommés dans les forces armées, et est également sénateur à vie.

Une crise qui s’étend

La coalition au pouvoir est issue d’un pacte entre Tshisekedi et Kabila lors de la passation de pouvoir en janvier 2019.

Mais le besoin de partager le pouvoir a contrecarré l’engagement de longue date de Tshisekedi de promulguer une réforme institutionnelle et de lutter contre la corruption.

Des tensions ont éclaté au grand jour en juillet, lorsqu’il a nommé trois nouveaux juges à la plus haute cour, le Conseil constitutionnel.

La FCC a protesté avec colère et a boycotté la cérémonie d’assermentation des juges en octobre.

Deux jours plus tard, Tshisekedi a révélé l’ampleur de la discorde avec le gouvernement dominé par la FCC. Les questions comprenaient la sécurité nationale, la gestion des biens de l’État, l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’organisation des élections.

Le mois suivant, il a entamé trois semaines de consultations avec divers partis et personnalités politiques, cherchant – selon les termes de son bureau – « l’union sacrée de la nation ». Ces pourparlers ont abouti à l’annonce de la recherche d’une nouvelle composition gouvernementale et de la menace de dissoudre le Parlement.

 

Publié le 9 décembre 2020 à 12 h 07 min par Rédaction

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