A LA UNE

Crise constitutionnelle en Guinée : le FNDC s’indigne de l’inaction de la CEDEAO

Crise constitutionnelle en Guinée : le FNDC s’indigne de l’inaction de la CEDEAO

Chaque jour, la Guinée s’enfonce un peu plus dans la crise constitutionnelle. Le Président de la République, Alpha Condé, souhaite en effet mettre en œuvre une réforme constitutionnelle qui lui permettrait de candidater à un troisième mandat, alors que la limite est fixée à deux dans la législation suprême actuelle. Dans la rue, les Guinéens se mobilisent pour réclamer le départ d’Alpha Condé et le pouvoir mène une répression brutale contre les manifestants. Le bilan, sanglant, s’élève à une trentaine de morts depuis octobre 2019. Le Front National pour la Défense de la Constitution, mené par Cellou Dalein Diallo, poursuit sa mobilisation.

 

Une volonté d’Alpha Condé qui rompt avec les grands textes africains

 

Le FNDC dénonce l’opposition totale de la volonté d’Alpha Condé de se représenter avec la constitution guinéenne mais aussi les normes communautaires, desquelles la Guinée est partie prenante. En effet, « tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratie » est prohibé par la Charte Africaine sur la Démocratie. Une interdiction aussi formalisée par la CEDEAO qui stipule, dans son article 12, que « toute possibilité d’alternance en modifiant la Constitution » n’est pas reconnue par la Communauté et ses Etats membres.

 

Le FNDC et Cellou Dalein Diallo en appellent à la CEDEAO

 

Pour marquer le coût, le FNDC a assigné la Guinée, la Commission de la CEDEAO et les 14 Etats membres devant la Cour de Justice de la Communauté pour manquement à leurs obligations. En effet, face aux atteintes avérées d’Alpha Condé envers les grands textes communautaires, le FNDC appelle la CEDEAO à « faire en sorte que les Etats membres qui n’honorent pas leurs obligations soient frappés de sanctions judiciaires et politiques ». Une première audience sur le recours introduit par le FNDC a été repoussée au 19 mars prochain, alors même que la délégation du FNDC, menée notamment par Cellou Dalein Diallo, avait réclamé la tenue d’une procédure accélérée au vu de l’urgence de la situation et de l’accentuation de la répression en Guinée.

 

L’inquiétude croissante des associations de défense des droits humains

 

En Guinée, une nette mobilisation des associations de défense des droits de l’Homme est perceptible. Le barreau de Guinée a ainsi dénoncé « les enlèvements de personnes physiques…tueries et violences des manifestants non armés dans le cadre des manifestations, les atteintes à la liberté d’expression » dans un communiqué paru le 17 mars. Une lecture tragique partagée par Cellou Dallen Diallo qui dénonce la répression « dans le sang les jeunes de Guinée qui expriment le coup d’état constitutionnel ». Dès novembre 2019, Amnesty International avait sonné l’alerte en évoquant des violations récurrentes des droits humains dans le pays, en affirmant que « l’impunité continue d’être la règle ». L’attente des Guinéens se fait de plus en plus forte dans le pays et le silence quasi-assourdissant des organismes communautaires régionaux inquiète l’opposition et les défenseurs des droits humains.

Publié le 19 mars 2020 à 17 h 04 min par Rédaction

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.