A LA UNE

L’Eglise catholique dénonce un climat étouffant au Burundi

L’Eglise catholique dénonce un climat étouffant au Burundi

Souvent accusée (à tort) de se ranger derrière le plus fort, l’Eglise catholique burundaise a prouvé qu’elle savait affronter les autorités lorsque la situation l’impose. Dans un message lu à tous les fidèles ce dimanche, les évêques ont dénoncé les violences et les persécutions dont sont victimes de nombreux burundais issus de l’opposition politique. Un message comme un appel à la raison qui a été très mal accueillipar les principaux responsables politiques au pouvoir lesquels parlent de « venin de haine » craché à la face du pays.

 

Le Burundi prouve une fois encore qu’il est difficile d’exprimer une pensée qui ne va pas dans le sens du pouvoir. Alors que les fidèles se sont rendus comme chaque dimanche à la messe, le gouvernement était sur les nerfs, car une fuite leur avait fait parvenir une bien mauvaise nouvelle. Dans chaque église du Burundi les fidèles ont eu droit à la lecture d’un message signé de l’épiscopat. Un message critique et emprunt d’ « inquiétude » vis-à-vis de la situation politique du Burundi. Les fidèles ont pu entendre que « Bien qu’il y ait beaucoup de choses que nous apprécions, nous ne saurions pas passer sous silence certaines questions inquiétantes ». Pari elles, la tendance de plus en plus forte  « à étouffer et violenter certains partis politiques et persécuter leurs membres, alors que le multipartisme est reconnu au Burundi ».

 

Les assassinats politiques sont devenus communs dans le pays et cela est notamment dû au « fait de confondre le parti au pouvoir avec l’administration. À certains endroits, les jeunes affiliés à ce parti semblent se substituer aux services de sécurité. Une telle pratique risque de perturber le climat favorable au processus électoral ». Ces fortes critiques reposent sur des faits et de longs mois de tensions, mais le pouvoir en place a réagi avec une extrême virulence avant même que ce message ne soit parvenu aux oreilles des catholiques burundais.

Le conseiller du président Pierre Nkurunziza, Willy Nyamitwe, a tempêté sur Twitter : « Certains évêques devraient être défroqués car c’est devenu une habitude : à la veille des élections, ils doivent cracher leur venin de haine à travers des messages incendiaires ». Et de poursuivre : « Pardieu ! Quoi de plus normal puisqu’ils ne sont même pas le modèle de la piété ». Nul doute que l’Eglise catholique est désormais plus que jamais dans le collimateur du pouvoir.

Publié le 23 septembre 2019 à 9 h 27 min par Rédaction

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.