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Un calendrier électoral tchadien toujours incertain

Un calendrier électoral tchadien toujours incertain

Sans élections législatives depuis 2011, les Tchadiens attendent avec une certaine fébrilité le prochain scrutin promis par le pouvoir. Aucune date n’a été fixée alors que le président de la République s’était engagé à appeler les électeurs à s’exprimer avant la fin de l’année. Un nouveau report est dans tous les esprits et même l’opposition le juge souhaitable tant les conditions ne sont pas réunies pour assurer un scrutin transparent et démocratique.

 

Les élections au Tchad sont une denrée rare. Et pour cause, les députés ont été élus pour la dernière fois en 2011. Des élections étaient prévues en 2015, mais plusieurs facteurs ont repoussé jusqu’à ce jour ce mode essentiel d’expression démocratique. Les attaques du groupe Boko Haram puis les graves difficultés financières rencontré par l’Etat ont eu raison des législatives. Une situation dont s’est finalement arrangé le pouvoir qui dispose d’une large majorité au Parlement.

 

Cependant, sous la pression de ses partenaires étrangers, le président Idriss Déby a finalement accepté l’idée de législatives avant la fin de l’année 2019. A un peu plus de trois mois de l’échéance, rien n’est encore arrêté, ni même prêt. Le parti au pouvoir mise désormais sur une élection à compter d’avril 2020. Le président d’Al Whiba, Ahmed Djidda, estime qu’ « il faut reporter correctement, parce qu’il n’y a pas beaucoup de marge. Autant bénéficier d’un délai plus grand, au deuxième trimestre 2020. Pour éviter de bâcler, il faut prendre un maximum de temps ».

Etrangement, ce besoin de temporisation se retrouve aussi du côté d’une opposition malmenée depuis plusieurs années. Pour, Masra Succès, « il faut que l’on puisse en amont créer les conditions où nous mettrons un minimum de séparation de pouvoir parce que le président de l’exécutif est dans notre pays le président du judiciaire. Vous venez de voir qu’il donne des injonctions à la Commission électorale nationale indépendante. Je ne vous fais pas imaginer que la Cour suprême reçoit aussi des injonctions du président de la République ».

 

Des élections pas avant avril 2020 et même l’idée de législatives couplées à la présidentielle de 2021. Un scénario de moins en moins improbable qui se profile. Cela priverait les Tchadiens d’élections pendant plus d’une année encore, mais permettrait éventuellement la tenue d’un scrutin sans tache. Une promesse maintes fois repoussée.

Publié le 20 septembre 2019 à 11 h 00 min par Rédaction

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