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La route de la colère mobilise dans la ville de Kati

La route de la colère mobilise dans la ville de Kati

Le mauvais état des infrastructures routières au Mali pourrait bien peser sur la donne politique. En effet, les premiers mouvements de protestation enregistrés à Kayes le 23 août se sont répandus dans d’autres villes du pays et c’est au tour de Kati de tenir la dragée haute aux autorités. Les manifestants bloquent la principale route du pays – poumon économique vital – afin de protester de l’état exécrable de la voirie malgré l’argent dépensé et les promesses de l’Etat. Pour le moment, les autorités n’ont pas réussi à convaincre et à répondre aux revendications des Maliens en colère.

 

Bamako, une ville bientôt asphyxiée par les bouchons ? La question se pose depuis qu’il est devenu extrêmement difficile de relier la capitale du Mali par la route. Environ 1 000 camions seraient en attente de pouvoir pénétrer dans la ville alors qu’ils sont bloqués à différents barrages menant à la capitale. Des barrages illégaux, mais largement soutenus et alimentés par les populations locales qui se plaignent depuis des années de l’état des routes. Très accidentogènes, elles sont mal entretenues et sont le symbole d’une puissance publique pas assez stricte vis-à-vis des dépenses publiques.

 

Les populations dénoncent des routes dangereuses alors que de l’argent est régulièrement versé à des entreprises pour y faire des travaux. Rien ou presque n’est entrepris, et c’est donc le terme de corruption qui revient sur les lèvres. Dans un communiqué publié par les services du Premier ministre, ce dimanche, on peut lire que « l’amélioration de l’état des infrastructures de transports figure parmi les priorités du gouvernement, qui met tout en œuvre pour trouver des solutions rapides et durables pour un meilleur confort et une meilleure qualité de la mobilité des populations ». Le gouvernement comprend les enjeux auxquels il fait face, mais les points de blocage se sont multipliés ces derniers jours, car les Maliens attendent des actes concrets.

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, la route qui passe par la ville de Kati a été bloquée par des jeunes qui ont érigé des barricades. La réponse des autorités n’est visiblement pas à la hauteur des attentes. Pourtant, les revendications exprimées sont légitimes et auraient pour effet d’avoir un impact positif en termes de baisse de la mortalité routière, mais aussi d’un point de vue économique. Des routes dans un bon état facilitent les échanges et donc stimulent l’économie. La preuve que certaines dépenses publiques ont des effets très directs sur la croissance et le bien-être.

Publié le 28 août 2019 à 9 h 05 min par Rédaction

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