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Le Burundi en proie à une épidémie silencieuse de paludisme

Le Burundi en proie à une épidémie silencieuse de paludisme

Alors que son voisin congolais se débat avec une épidémie du virus Ebola, le Burundi est rongé par un autre mal au moins tout aussi dangereux. Le pays enregistre un nombre considérable de cas de paludisme et les autorités semblent minimiser la situation. Le ministre burundais de la Santé refuse de parler d’épidémie et l’aide internationale ne peut pas se déployer pour cette raison. Un Burundais sur deux serait contaminé et les conditions font peser une menace sur l’ensemble de la population.

 

Alors que l’ONU et des ONG étrangères tirent la sonnette d’alarme au sujet du paludisme, le ministre burundais ne partage pas du tout cette inquiétude. Invité à s’expliquer sur la situation, Le ministre burundais de la Santé publique a présenté des chiffres qui tendent à occulter le sérieux de la menace. En effet, Thaddée Ndikumana a pris pour point de comparaison juin 2017 pour présenter la situation deux ans plus tard. Pourquoi juin 2017 ? Parce qu’il s’agit du pic de contaminations. Ce dernier présentait 5 millions de contaminations contre 4,3 millions en juin dernier.

 

Les données utilisées par le ministre son exactes, mais occultent le fait que les contaminations sont largement reparties à la hausse. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a annoncé que 5,7 millions de Burundais étaient victimes du paludisme fin juillet 2019. Un chiffre que ne conteste pas le ministère de la Santé, car il en est à l’origine. Ainsi, près de la moitié des 11,5 millions de Burundais sont contaminés et la maladie a causé la mort de 1 801 personnes. Des chiffres affolants, mais qui n’entrainent toujours aucune réaction d’ampleur de la part des autorités.

 

Bujumbura ne veut pas reconnaître qu’une épidémie est à l’œuvre, car il se dit en interne que cela consacrerait l’échec des politiques de santé mises en place par le pouvoir. La situation pourrait encore empirer, car les conditions climatiques sont propices à la multiplication des moustiques, lesquels parviennent à vivre dans les hauteurs où les habitants sont encore moins immunisés contre le paludisme. De plus, en favorisant la riziculture au début des années 2000, les autorités ont créé des conditions encore plus favorables à la propagation des moustiques. Bref, le Burundi n’en a pas terminé avec cette maladie.

Publié le 9 août 2019 à 17 h 20 min par Rédaction

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