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Fin de la censure des réseaux sociaux au Tchad

Fin de la censure des réseaux sociaux au Tchad

Depuis le 13 juillet, le Tchad est entrée dans une nouvelle ère bien plus démocratique. Il ne s’agit en fait que d’un retour à la normale après plus d’un an de censure des réseaux sociaux. Depuis mars 2018, leur accès était bloqué par les autorités pour des raisons sécuritaires. Une décision contestée devant les tribunaux, mais que les juges avaient toujours soutenue. Finalement, c’est l’exécutif qui fait preuve de souplesse alors que les élections législatives se profilent à la fin de l’année.

 

C’est un grand pas pour les réseaux sociaux et un bon en avant pour la démocratie tchadienne. Le 13 juillet, le président de la République Idriss Déby Itno a annoncé « une réévaluation de la situation » qui doit aboutir à la levée immédiate des « mesures de restriction d’accès à tous les réseaux sociaux ». Une annonce espérée depuis plus d’un an qui est intervenue à l’occasion de la clôture du Forum numérique à N’Djamena. Si le président est revenu sur sa décision de mars 2018, il ne regrette en rien cette politique qui a mis à mal la liberté d’expression sans le pays. « Depuis quelques mois, des impératifs sécuritaires avaient conduit le gouvernement à renforcer les conditions d’accès et les mesures de contrôle des communications électroniques », a assuré Idriss Déby ».

 

Le président sait manier l’art de la litote car « quelques mois » représentent un an et demi au cours duquel les Internautes tchadiens n’ont pas pu accéder aux réseaux sociaux à moins d’utiliser un VPN. Il semble que la décision du 13 juillet a été suivie d’effet. Plus aucune restriction ne pèse sur l’Internet tchadien comme le souhaitaient plusieurs avocats qui avaient réclamé la fin des blocages. Les juges avaient à chaque fois estimé que les raisons sécuritaires invoquées par le pouvoir étaient justifiées et fondées légalement.

 

C’est donc un soulagement qui tend à s’exprimer à N’Djamena, la principale ville du pays où les habitants ont une possibilité de se connecter à Internet. Seuls 5 % de la population tchadienne est connectée, mais il ne faut pas sous-estimer l’influence des réseaux sociaux dans le cadre de mobilisation de foules partisanes. Ces derniers seront sans nul doute utilisés à plein à l’occasion de la prochaine campagne pour les élections législatives. Le scrutin a été reporté à plusieurs reprises depuis 2015 et l’inflexion du pouvoir pourrait traduire la peur de perdre certains soutiens étrangers indispensables à sa préservation. Si les autorités tchadiennes persistaient dans une politique de plus en plus dure à l’égard des critères démocratiques, son espérance de vie aurait été plus faible.

Publié le 15 juillet 2019 à 11 h 45 min par Rédaction

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