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Libération s’est-il enchaîné au régime gabonais ?

Libération s’est-il enchaîné au régime gabonais ?

Le quotidien français Libération vit des heures compliquées avec le prochain vote d’une motion de défiance votée par la rédaction contre son directeur. Laurent Joffrin aurait couvert le versement de 3,5 millions d’euros par les autorités gabonaises à l’occasion d’un forum organisé au Gabon en 2015. Or, la rédaction et la direction avait convenu à l’époque qu’aucun bénéfice ne serait réalisé avec de l’argent issu d’un régime considéré comme peu démocratique. Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent…

 

Libération est l’un des quotidiens les plus emblématiques de la presse française. Un journal pourtant en difficulté économique qui a peut-être pris une respiration aussi inattendue que regrettable grâce à ses liens avec le pouvoir gabonais. En 2015, Libération a organisé un forum au Gabon. Un événement comme en organisent souvent les médias, mais peu se font à l’étranger et dans un pays où la démocratie est quelque peu bancale au regard des propres critères de ce journal de gauche.

 

Mais l’argent n’a pas d’odeur, alors la direction aurait accepté un chèque de 3,5 millions d’euros de la part de l’exécutif gabonais. De quoi couvrir les frais d’organisation et de réaliser aussi d’heureux bénéfices. Or, Laurent Joffrin, directeur de la rédaction avait promis à ses journalistes qu’aucun bénéfice ne serait tiré de cette opération. Le parquet national financier a ouvert une enquête pour investiguer sur des mouvements de fonds suspects. Joffrin aurait-il eu les yeux plus gros que sa parole donnée ?

 

Pierre Fraidenraich, directeur opérationnel du journal a d’ores et déjà démissionné face à la polémique naissante. Joffrin, lui, va devoir faire face à une motion de défiance qui sera votée le 1er avril prochain. Un moment difficile pour celui qui ne jure que par Libération. Les journalistes sont très remontés, mais le temps judiciaire sera plus long afin de démêler les fausses promesses de vrais paiements, lesquels ne sont pas forcément illégaux. Les juges commencent donc un long travail d’enquête, mais c’est l’image du quotidien qui est d’ores et déjà touché. Affaire à suivre sur le plan de la rédaction et du volet judiciaire.

Publié le 29 mars 2019 à 22 h 39 min par Rédaction

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