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Fermeture du bureau onusien des droits de l’homme à Bujumbura

Fermeture du bureau onusien des droits de l’homme à Bujumbura

Nouveau bras de fer entre le Burundi et la communauté internationale. Après plus de deux années de bisbilles, les autorités burundaises ont obtenu le départ du bureau des droits de l’homme de l’ONU situé à Bujumbura. L’annonce a été faite par Michelle Bachelet, Haute commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Le Burundi s’isole encore un peu plus sur la scène internationale et s’évite également des critiques contre un régime accusé de violer les droits de l’homme depuis la réélection contestée de Pierre Nkurunziza à la présidence de la République en 2015.

 

« C’est avec grand regret que nous avons dû fermer notre bureau au Burundi après 23 ans de présence dans le pays ». Par ces mots, Michelle Bachelet a annoncé ce que beaucoup craignaient depuis deux ans : la fermeture de l’antenne onusienne des droits de l’homme au Burundi. Un arrêt définitif des activités qui a été précédé par deux années de conflit durant lesquelles il a été impossible au personnel onusien de travailler sur place. La brouille avait été consommée en décembre 2016 suite à la publication d’un rapport d’experts mandatés par l’ONU qui assurait que le gouvernement burundais était responsable de crime contre l’humanité.

 

Voulant s’épargner des critiques alors que le pays sombrait dans le chaos, le gouvernement a multiplié les mesures pour rendre impossible le travail du personnel onusien et des ONG étrangères. A titre d’exemple, Handicap International a quitté le Burundi il y a quelques semaines, car ne voulant pas se plier à une nouvelle législation imposant notamment un fichage ethnique des employés. C’est donc au tour de l’ONU de quitter le pays. Une décision qui déçoit Michelle Bachelet qui a rappelé le « manque de coopération du Burundi ces dernières années avec les mécanismes des Nations Unies en matière de droits de l’Homme qui sont même allés jusqu’à inclure des menaces pour poursuivre les membres de la Commission d’enquête internationale indépendante ».

 

Le son de cloche est très différent du côté du gouvernement burundais qui justifie la fermeture du bureau onusien tout autrement. « Le pays a fait suffisamment de progrès pour mettre en place des mécanismes nationaux de protection des droits de l’Homme, de sorte que l’existence du bureau n’était plus justifiée ». Une seule situation, mais deux interprétations extrêmement divergentes. Le Burundi risque de peiner à convaincre avec sa version alors que tous ont constaté une dégradation de la situation sur place depuis plus de trois ans désormais.

Publié le 5 mars 2019 à 12 h 29 min par La Rédaction

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