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Un nouveau gouvernement centrafricain vraiment « inclusif » ?

Un nouveau gouvernement centrafricain vraiment « inclusif » ?

Afin de sortir d’une crise qui a débuté en 2013, l’exécutif et une quinzaine de groupes armés se sont mis autour d’une table afin de convenir d’un accord politique. Une solution a été trouvée à Khartoum et le gouvernement a donc démissionné pour laisser la place à une nouvelle équipe qui inclurait des ministres issus de l’opposition (armée ou non). Une évolution très positive que dénonce finalement une des principales milices signataires de l’accord qui juge le nouveau gouvernement très durement. Peu de changements ministériels en définitive pour une « mascarade » politique qui pourrait déboucher de nouveau sur le pire.

 

La paix est toujours un exercice difficile, un savant mélange dans lequel une erreur d’appréciation peu se payer au prix fort. Le pouvoir centrafricain est aujourd’hui à la croisée des chemins. Un nouveau gouvernement dit « inclusif » a été mis en place dans le cadre de l’accord de paix signé à Khartoum le 6 février dernier, mais la composition ministérielle demeure quelque peu étrange. C’est en tout cas le point de vue du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRPC) qui a indiqué ce dimanche soir qu’il ne participerait pas « à ce gouvernement de mascarade ».

 

Principale force paramilitaire contrôlant le nord du pays, le FPRPC a obtenu un poste dans le nouveau gouvernement. Si le ministère qui lui a été attribué n’est pas dénué d’intérêt – le ministère du Développement, de l’Energie et des ressources hydrauliques ainsi que celui des Eaux et Forêts – il ne correspond pas aux attentes du groupe notamment au vue des principaux portefeuilles qui restent tous dans l’escarcelle du pouvoir. En effet, l’Economie, les Finances, la Justice, la Santé, les Affaires étrangères, la Défense ou encore les Mines ont vu les ministres démissionnaires être reconduits. Toutes les fonctions régaliennes sont entre les mains du pouvoir et le caractère inclusif du gouvernement pose question malgré la présence d’une dizaine de ministres non issus des rangs de la majorité.

 

Le FPRPC ne décolère pas : « En jouant au ‘on reprend les mêmes et on recommence’, le président de la République […] vient d’étouffer dans l’œuf l’espoir. Aucun doute possible pour le groupe armé, le pouvoir fait « preuve de mauvaise foi, d’amateurisme et d’incompétence » d’où son refus de participer «  à ce gouvernement de mascarade ». Ce refus ne signifie toutefois pas une rupture de l’accord avec notamment un départ de la « commission inclusive » qui doit « qualifier et proposer toute action susceptible d’être prise en matière de justice ». Le gouvernement est cependant confronté à une grave crise et le huitième accord de paix signé depuis 2013 est plus que jamais en danger.

Publié le 4 mars 2019 à 9 h 33 min par La Rédaction

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