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Génocide rwandais : la note de la DGSE qui change tout ?

Génocide rwandais : la note de la DGSE qui change tout ?

Mediapart et Radio France ont mis la main sur une note de la DGSE en date de septembre 1994 et qui accuse deux militaires rwandais qualifiés d’ « extrémistes hutu » comme responsables de l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Un assassinat qui est à l’origine d’un génocide qui a fait plus de 800 000 morts en l’espace de quelques mois. Cette note de la DGSE classifiée jusqu’en 2015 vient remettre en question la position française qui a toujours privilégiée la piste du FRP.

 

Un quart de siècle après le génocide rwandais, de nombreuses questions restent encore sans réponse. La première d’entre elle est certainement le ou les commanditaires de l’assassinat du président Juvénal Habyarimana qui a précipité le pays dans le chaos le plus sanglant de son histoire. Les médias français Mediapart et Radio France versent un nouvel élément à la compréhension d’une équation devenue de plus en plus difficile à déchiffrer au fil du temps. Depuis 1994, deux versions se font face. Celle du Front patriotique rwandais qui aurait déclenché le chaos pour s’emparer du pouvoir et celle d’extrémistes hutu qui auraient voulu mettre de l’huile sur le feu et créer les conditions d’un génocide.

 

La note de la DGSE penche plutôt pour la seconde version et vient contredire la position française exprimée dès le début de l’affaire. A l’époque, l’ambassadeur de France à Kigali écrivait, quant à lui, que l’attaque était « probablement l’œuvre du FRP ». Une prise de position qui a largement perturbé les relations entre la France et le Rwanda. L’Etat français s’est bien gardé d’accuser officiellement le FRP désormais au pouvoir. Pourtant les longues instructions judiciaires ont mis à mal les relations entre Paris et Kigali. C’est d’ailleurs en raison des procédures judiciaires que cette note de la DGSE a finalement été déclassifiée en 2015. L’enquête de la justice française a finalement débouché sur un non lieu laissant espérer une normalisation entre les gouvernements français et rwandais. Il reste que l’assassinat du président Juvénal Habyarimana reste entouré d’un macabre mystère.

 

La note de la DGSE estime quant à elle que cet assassinat a nécessité un « haut degré de préparation ». Deux militaires sont nommément désignés. Les colonels Théoneste Bagosora et Laurent Serubuga. Le premier a depuis été condamné à trente-cinq ans d’emprisonnement par le Tribunal pénal international pour le Rwanda, mais le second s’est réfugié en France et n’a jamais été extradé. Deux hommes qui ont leur vérité, mais qui n’ont jamais su livrer la vérité d’un génocide qui continue de hanter les familles des victimes.

Publié le 8 février 2019 à 8 h 18 min par La Rédaction

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