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Le Rwanda prend la présidence de l’EAC

Le Rwanda prend la présidence de l’EAC

Paul Kagame est un président très occupé. A quelques jours de rendre la présidence de l’Union africaine au profit de l’Egypte, Kigali endosse finalement le costume de patron de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) dans un climat particulièrement tendu. Le Rwanda et son voisin burundais s’accusent mutuellement d’héberger des groupes rebelles. Plus de trois ans après le début de la crise, la situation chaotique au Burundi suscite toujours autant de tensions à l’étranger.

 

Le Rwanda brille économiquement sur la scène africaine et l’agenda politique international de son président permet de garder le pays en haut de l’affiche. Paul Kagame va certes rendre les clés de l’Union africaine à son homologue égyptien dans quelques jours, mais le chef d’Etat rwandais peut compter sur un nouveau levier : la Communauté d’Afrique de l’Est. Il succède donc au président ougandais Yoweri Museveni après avoir laissé un temps fait transpirer l’idée qu’il ne prendrait peut-être pas la relève en raison d’un emploi du temps chargé.

 

En effet, même si la présidence de l’Union africaine doit revenir à l’Egypte, Paul Kagame s’est engagé à poursuivre les réformes institutionnelles engagées au sein de l’organisation. Il aura également pour tâche d’assurer la préparation du sommet des chefs d’Etat du Commonwealth en 2020. Le président Kagame ajoute donc une troisième corde à son arc international au grand dam du Burundi avec lequel il est en froid depuis 2015 et la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel.

 

Le dialogue inter-burundais est au point mort et face à la mauvaise volonté des acteurs, le facilitateur ougandais benjamin Mkapa a fait savoir qu’il renonçait à sa fonction. La situation est bloquée au Burundi et les relations avec le Rwanda continuent d’être orageuses. Bujumbura accuse Kigali de soutenir des groupes rebelles. Une accusation qui est également portée par Kigali contre Bujumbura. Les officiels burundais affirment ne pas s’inquiéter d’une présidence rwandaise de l’EAC, mais il ne fait aucun doute qu’un désistement de Paul Kagame aurait été bien accueilli.

Publié le 3 février 2019 à 10 h 46 min par Rédaction

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