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La fin de l’hégémonie Bolloré au port de Douala

La fin de l’hégémonie Bolloré au port de Douala

Cyrus Ngo’o n’est pas une figure connue du grand public. Il est toutefois devenu le cauchemar d’un grand homme d’affaires en l’espace d’une annonce. Cyrus Ngo’o est le directeur du port de Douala, le plus grand port d’Afrique centrale. Une responsabilité lourde qui l’a conduit ce 9 janvier à publier la liste des candidats présélectionnés pour prendre le relai de Bolloré-APM Terminals dont le contrat d’exploitation long de quinze ans arrivera à terme à la fin de l’année 2019. Une liste dans laquelle le géant Bolloré ne figure même pas.

 

Sauf retournement de situation incroyable, le consortium franco-danois, Bolloré-APM Terminals vit sa dernière année en tant qu’exploitant du port de Douala. L’entreprise a répondu à l’appel d’offres pour assurer sa propre succession fin 2019, mais sans succès. Il s’agit d’un coup de tonnerre d’autant plus que cinq entreprises ont été présélectionnées pour le dernier round organisé par les autorités du port. Le consortium s’était qualifié dans un premier temps, mais sans qu’aucune explication ne soit donnée, il ne figure pas parmi les cinq finalistes.

 

Les cinq entreprises sélectionnées sont : CMA Terminals, Dubaï Port World, Terminal Investment Ltd, Hutchison Port Investments Ltd, et Red Sea Gateway Terminal. Des entreprises particulièrement motivées puisque Douala est le plus grand port d’Afrique centrale. Une force notamment développée par Bolloré-APM Terminals qui ne pourra bientôt plus jouir des fruits de son propre travail. D’après les chiffres publiés par Douala International Terminals, les volumes manufacturés ont augmenté de près de 200 % entre 2005 et 2017. Le port de Douala est incontournable dans le commerce de la sous-région avec notamment le Tchad et la Centrafrique qui n’ont aucun débouché direct sur la mer.

 

L’histoire semble donc devoir se conclure entre Bolloré et le port de Douala, mais le géant français garde toujours un pied au Cameroun avec l’exploitation du tout récent port de Kribi. La présence de Bolloré sur l’ensemble du continent africain n’est également pas remise en cause avec 17 ports exploités par le groupe. Reste que la perte probable du port de Douala est un message des autorités envers l’entreprise Bolloré et envers tous les groupes désireux de faire des affaires dans le pays. Le Cameroun veut être un acteur qui compte et non pas un simple rédacteur d’appels d’offres submergé par la puissance d’un exploitant étranger.

Publié le 10 janvier 2019 à 14 h 55 min par La Rédaction

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