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Handicap International quitte le Burundi

Handicap International quitte le Burundi

Présente au Burundi depuis 1992, l’ONG Handicap International a annoncé sa décision de quitter le pays en raison de son refus de se plier à la nouvelle législation. Depuis le 1er janvier, les ONG sont dans l’obligation de procéder à un fichage ethnique de leurs employés. Des méthodes qui vont à l’encontre des principes humanitaires et qui ne constituent pas les seules exigences d’un pouvoir devenu très méfiants vis-à-vis de toutes les organisations étrangères.

 

La radicalité du pouvoir burundais a des conséquences très concrètes sur le terrain. Alors que le pays s’enfonce dans la misère, les ONG ont de plus en plus de mal à travailler en raison de contraintes nouvelles qui pèsent sur elles. Le 1er octobre 2018, le gouvernement a décidé de la suspension de toutes les activités des ONG étrangères présentes au Burundi dans l’attende de leur mise en conformité avec la loi. Cette dernière dispose notamment de l’obligation de respecter un quota ethnique comme cela se fait dans l’administration. Ainsi, 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis doivent composer les équipes des ONG. Une pratique à laquelle s’est déjà pliée beaucoup d’ONG (environ 80 sur 140 recensées).

 

Handicap International s’y refuse et explique dans un communiqué en date du 7 janvier que « l’un des documents requis par les autorités était de pouvoir procéder au fichage ethnique de notre personnel, alors même que l’appartenance ethnique ne figure pas sur leurs propres papiers d’identité. L’obligation de donner l’origine ethnique de notre personnel est très clairement une ligne rouge pour Handicap International. Donc nous avons pris, à regret, la décision de quitter le pays ». Une décision difficile à prendre et lourde de conséquences pour les populations qui bénéficient de l’action de Handicap International.

 

Cette mise en place de quotas semble être un moyen pour le pouvoir de se débarrasser de plusieurs ONG notamment dans le domaine des droits de l’homme au moment où le pays traverse une crise sans précédent. Cette nouvelle règle ethnique est d’ailleurs en contradiction avec la propre Constitution du Burundi qui dispose que «  nul ne peut être l’objet de discrimination du fait […] de son ethnie ». L’Etat ne s’arrête plus à ce genre de considérations légales. Enfin, la nouvelle loi permet un contrôle strict des finances et des frais administratifs des ONG. Un moyen de faire pression sur des entités perçues comme hostiles au pouvoir.

 

Publié le 8 janvier 2019 à 9 h 02 min par La Rédaction

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