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L’armée burundaise ne veut pas rapatrier ses troupes de Somalie

L’armée burundaise ne veut pas rapatrier ses troupes de Somalie

l’Union africaine en Somalie (AMISOM) est en plein paradoxe. Sa mission tend à se terminer et son contingent est logiquement appelé à diminuer, mais certains ne l’entendent pas ainsi. Les troupes de différents pays qui composent cette force mise en place depuis 2007 vont être renvoyées chez elles au grand dam du Burundi qui n’accepte guère que 1 000 de ses soldats soient démobilisés du théâtre somalien. Il se dit que ce refus s’explique par les baisses des aides financières qu’entraînerait une telle décision.

 

Les missions de maintien de la paix sont devenues pour certains Etats le moyen d’entretenir une armée à peu de frais. Le cas pourrait bien s’appliquer au Burundi qui ne décolère pas depuis que l’AMISOM a décidé de se séparer de 1 000 de ses soldats issus des rangs de l’armée burundaise. Cette dernière, dans un communiqué, « demande à l’autorité compétente de plaider auprès des instances habilitées pour que cette décision soir reconsidérée ». Les militaires et le pouvoir politique estiment que les troupes de chaque pays composant l’AMISOM doivent être rapatriées au prorata du nombre de soldats envoyés. Autrement dit, le Burundi est prêt à rapatrier une partie de ses troupes, mais moins que le contingent de 1 000 soldats demandé.

 

Pour rappel, l’AMISOM comprend 21 500 soldats. Le Burundi constitue la seconde force avec 5 400 hommes, peu derrière l’Ouganda (6 200). Cette forte présence – destinée à mettre à mal le pouvoir des islamistes en Somalie – génère une manne financière importante pour Bujumbura. En effet, l’Etat reçoit près de 18 millions de dollars en guise de paiement des troupes et du matériel mis à disposition de l’AMISOM. Une partie du salaire des soldats est directement reversée à l’Etat qui profite ainsi d’une rentrée de devises.

 

Presque coupé du monde, le Burundi fait l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne. Plusieurs de ces pays dont la Belgique fournissaient jusqu’alors une aide financière substantielle. Privé de ses soutiens, Bujumbura est donc particulièrement dépendant des rentrées financières de ses militaires envoyés en Somalie. Le Burundi tient à la paix dans cette région, mais peut-être plus encore aux financements qui découlent de sa présence sur le terrain.

Publié le 25 décembre 2018 à 9 h 11 min par La Rédaction

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