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Un journaliste rwandais arrêté et accusé de « complot terroriste »

Un journaliste rwandais arrêté et accusé de « complot terroriste »

Un journaliste rwandais qui travaille en qualité de pigiste pour BBC radio a été arrêté la semaine dernière par les forces de l’ordre. Sa disparition avait inquiété ses proches jusqu’à ce qu’il soit présenté aux médias le 29 novembre. L’homme a déclaré ne pas savoir pourquoi il avait été arrêté, mais le Bureau rwandais d’enquête l’a interpellé en possession d’explosifs. Des engins de mort que le journaliste aurait voulu utiliser dans le cadre d’un « complot terroriste ».

 

Phocas Ndayizera est-il un journaliste pris dans la tourmente d’un pouvoir rwandais qui a déjà montré une certaine inimitié vis-à-vis des médias ou est-il un apprenti terroriste ? Pour le Bureau rwandais d’enquêtes, la réponse ne fait aucun doute. Phocas Ndayizera « a été arrêté en flagrant délit alors qu’il recevait les explosifs, dont de la dynamite ». Le Bureau rwandais d’enquêtes (RIB) a ajouté : « Nous enquêtions sur lui et avions fait le lien entre lui et des groupes terroristes cherchant à porter atteinte au Rwanda ». L’affaire a été annoncée aux médias le 29 novembre, soit une semaine après la disparition du journaliste.

 

Ce dernier encourt jusqu’à 20 ans de prison s’il est reconnu coupable de participation à un « complot terroriste ». Interrogé par la presse, Ndayizera a affirmé ne « pas être au courant des raisons pour lesquelles (il a) été arrêté ». L’Organisation rwandaise de la presse a immédiatement réagi en déclarant qu’elle attendait un procès équitable. Une Organisation qui ne pourra toutefois pas s’impliquer dans ce dossier dans la mesure où cette arrestation n’est pas directement liée avec l’activité de journaliste de l’accusé.

 

La BBC a vu son service radio être suspendu en 2014 après la diffusion d’un sujet mettant en cause le président Kagamé dans l’attentat qui avait coûté la vie au chef de l’Etat, Juvénal Habyarimana, en 1994. Cet assassinat avait été l’élément déclencheur du génocide contre les tutsi qui a fait environ 800 000 morts. Depuis, Paul Kagamé s’est imposé comme l’homme fort du pays et rend la vie des journalistes parfois difficile. Celle de Phocas Ndayizera risque de prendre une tournure très compliquée s’il est effectivement reconnu coupable des graves chefs d’accusation dont il fait l’objet.

Publié le 1 décembre 2018 à 10 h 36 min par La Rédaction

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