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Alfred « Rambo » Yekatom dans les mains de la CPI

Alfred « Rambo » Yekatom dans les mains de la CPI

La Cour Pénale Internationale vient d’accueillir une nouvelle triste célébrité en la personne d’Alfred Yekatom. L’ancien chef de guerre centrafricain est arrivé ce samedi 17 novembre dans la prison de la prison de Scheveningen. C’est là que séjournent ceux qui sont jugés par la Cour Pénale Internationale de La Haye. Soupçonné de nombreux crimes contre des civils, il avait même réussi à se faire élire au Parlement centrafricain. Son coup de sang au sein de l’hémicycle le 29 octobre dernier a précipité sa chute.

 

Toujours confronté à de multiples groupes armés qui font régner la terreur sur une grande partie de son territoire, la Centrafrique compte aujourd’hui un (ex)-rebelle en moins. Alfred Yekatom, surnommé Rambo, est un ancien caporal-chef issu des rangs de l’armée centrafricaine qui s’est mué en chef des milices anti-Bakala. Une position qu’il s’est attribué lui-même et qui lui a permis d’être un chef de guerre important dans le sud-ouest de la Centrafrique.

 

Yekatom a fait longtemps l’objet d’un mandat d’arrêt « pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » commis entre décembre 2013 et août 2014. Selon la CPI, il aurait commandé 3 000 hommes et aurait  « commis ou ordonné, sollicité, encouragé et facilité » de nombreux crimes allant du « meurtre », à la « torture et traitements inhumains », aux « attaques intentionnelles contre la population civile » en passant par des attaques contre « des bâtiments consacrés à la religion ».

 

Un curriculum vitae qui n’avait pourtant pas empêché Alfred Yekatom de se faire élire député en 2016. Une position qui lui assurait une entière immunité malgré les pressions de la CPI et des Etats-Unis. Mais l’ancien chef de guerre a eu l’idée d’exprimer son mécontentement dans l’hémicycle en sortant une arme à feu et en tirant en l’air. Une expression bien personnelle qui a finalement amené à son arrestation. Les autorités centrafricaines ont alors levé sont immunité et en ont fait cadeau aux juges de la Cour Pénale Internationale.

 

Un long procès va donc bientôt s’ouvrir à La Haye. Il sera le premier concernant un ancien chef des milices anti-Bakala. La trajectoire d’Alfred Yekatom illustre les difficultés du pouvoir centrafricain à faire régner un semblant d’ordre dans un pays où plus de 4,5 millions de personnes ont fui les violences.

Publié le 19 novembre 2018 à 8 h 06 min par La Rédaction

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