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João Lourenço se félicite de sa politique anti-corruption

João Lourenço se félicite de sa politique anti-corruption

A l’occasion de son discours à la nation, le président angolais João Lourenço a mis l’accent sur le retour en force de l’économie et la lutte contre la corruption. Deux priorités depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2017 et dont les premiers fruits se font visibles. Deux politiques qui ne sont pas non plus étrangères à une recomposition des forces politiques dans un pays dominé pendant 38 ans par l’ancien président José Eduardo Dos Santos.

 

Le 15 octobre 2018 a consisté en une rentrée parlementaire en Angola. Un événement annuel au cours duquel le président João Lourenço a tenu son second discours à la nation. Un exercice attendu dans un pays qui était jusqu’en 2017 sclérosé politiquement. Ecarté du pouvoir après 38 ans de présidence, José Eduardo Dos Santos voit son système mis à mal par des politiques de lutte contre la corruption. Un fléau endémique dans ce pays contre lequel le nouveau président a décidé de jouer une grande partie de sa crédibilité auprès de ses concitoyens et des investisseurs internationaux.

 

Ainsi, sans surprise, le discours présidentiel est longuement revenu sur les améliorations dans ce domaine. Selon Lourenço, les mesures prises « témoignent du sérieux et de la fermeté avec lesquels nous cherchons à lutter contre l’acceptation et la banalisation de pratiques non recommandables pour la gestion du pays (…) Nous avons commencé à freiner et même à empêcher certaines des pratiques les plus préjudiciables au Trésor public et aux intérêts de la grande majorité ». Parmi les mesures en question, beaucoup pensent à la mise à l’écart du premier cercle de l’ancien président. Sa fille, Isabel Dos Santos, à la tête de la compagnie pétrolière Sonangol a été écartée et accusée de corruption. Son fils Jose Filomeno dos Santos, ancien directeur du fonds souverain angolais, a lui aussi été accusé de corruption et placé en détention.

 

La lutte contre la corruption prend parfois des accents anti-Dos Santos. Une manière d’assurer un nouveau pouvoir, mais aussi de montrer que le passé n’a plus sa place. Les Angolais en sont satisfaits même si leur priorité est de voir l’économie se défaire de lourds carcans. Dans ce domaine aussi, de nouvelles recettes ont été confectionnées par des autorités qui souhaitent obtenir la bienveillance du FMI. Le président a annoncé que 11,2 milliards de dollars de prêts avaient été obtenus, signe que la confiance étrangère revient.

 

Des réformes ont été engagées et doivent permettre un développement des activités non pétrolières. Par ailleurs, le secteur pétrolier qui représente la principale source de financement du pays connaît un vrai mieux depuis plusieurs mois et l’augmentation du prix du baril. Le contexte est donc très positif et le nouveau pouvoir a peut-être les moyens de changer radicalement le visage de l’Angola. Un visage qui doit être plus ouvert aux investisseurs étrangers, mais aussi plus ouvert à une démocratie véritable. Un défi de taille pour un pays dominé par un seul clan pendant près de quatre décennies.

Publié le 16 octobre 2018 à 10 h 26 min par La Rédaction

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