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Non-lieu requis dans l’enquête sur le décès du président Habyarimana

Non-lieu requis dans l’enquête sur le décès du président Habyarimana

Est-ce le début du chapitre de fin concernant l’enquête française sur la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana ? Après 20 ans d’enquête, le parquet de Paris a requis un non-lieu pour huit personnes suspectées d’avoir pris part à un assassinat qui a déclenché un terrible génocide en 1994. Cette enquête brouille depuis des années la relation entre Kigali et Paris dans la mesure où les personnes jusque-là suspectées sont des proches du président Paul Kagame.

 

L’enquête qui pèse sur plusieurs personnalités rwandaises parmi lesquelles l’actuel ministre de la Défense du Rwanda est sur le point de se conclure sur un possible non-lieu. C’est en tout cas le réquisitoire définitif du parquet de Paris qui a été formulé le 10 octobre dernier. Un élément essentiel du dossier qui a été rendu public le 13 octobre par l’AFP. Le Procureur de la République juge « qu’il ne résulte pas de l’information judiciaire de charges suffisantes ». Le Procureur estime qu’il existe des « incertitudes (…) nombreuses » et que « l’absence d’éléments matériellement incontestables » doit finalement « profiter à ces derniers ».

 

Les avocats des accusés se félicitent de « cette étape tend à clore vingt années d’errements ». Une réaction naturellement aux antipodes de celle de l’avocat de la veuve de Juvénal Habyarimana qui juge « la position du ministère public est inacceptable ». Une position qui serait « politique » et qui voit le parquet « lâcher les juges d’instruction ». Quoiqu’il en soit, il est évident que cette prise de position va aider au rétablissement d’une relation apaisée entre la France et le Rwanda. Des avancées ont été notées depuis plusieurs mois notamment avec le récent soutien de Paris en faveur de la ministre rwandaise des Affaires étrangères pour ravir le poste de secrétaire générale de la francophonie.

 

Les tensions entre les deux pays restent grandes et nul de peut prédire si la confiance règnera au cours des prochains mois. Le génocide au Rwanda constitue toujours une marque entre deux pays qui s’accusent mutuellement de complicités. Officiellement, une commission d’enquête rwandaise a imputé l’attentat contre le président Habyarimana à des extrémistes Hutu mécontents de devoir composer avec un chef de l’Etat hutu jugé trop modéré. Est-ce la fin du volet judiciaire ? Cela est peu probable. La justice suit un rythme différent de celui de la politique et des blessures entre Etats.

Publié le 14 octobre 2018 à 8 h 41 min par La Rédaction

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