A LA UNE

Présidentielle en RDC : la Céni au cœur de la polémique

Présidentielle en RDC : la Céni au cœur de la polémique

La campagne présidentielle en République démocratique du Congo n’a pas encore commencé, mais les tensions sont déjà vives. Et pour cause ! Plusieurs candidats considérés comme de sérieux prétendants à la victoire finale ont été écartés par la Commission électorale congolaise. Parmi les recalés, on retrouve Jean-Pierre Bemba qui dénonce une « parodie d’élection ». La publication définitive de la liste des candidats aura lieu le 19 septembre.

 

L’annonce de Joseph Kabila de ne pas briguer un troisième mandat présidentiel était de nature à apaiser les esprits. Pourtant, la campagne n’a pas encore débuté que plusieurs candidats crient au scandale. En cause, leur éviction parfois suspecte de la lite officielle des candidats retenus pour concourir à la Présidence de la République. Si dix-neuf noms ont été validés pour le moment, plusieurs grandes figures politiques congolaises ont été recalées.

 

C’est le sort que connaissent trois anciens Premiers ministres. Samy Badibanga, Adolphe Muzito et Antoine Gigenza sont empêcher de concourir après l’invalidation de leur candidature par la Céni. Samy Badibanga est écarté, car né Congolais, il a un temps perdu sa nationalité après avoir acquis une nationalité étrangère. De nouveau officiellement Congolais, la Céni estime qu’il s’agit d’une nationalité acquise qui lui interdit de concourir à la magistrature suprême. Un tour de passe-passe que certains estiment avoir été mis en place à l’origine pour contrecarrer les plans de Moïse Katumbi.

 

Adolphe Muzito a été recalé pour ne pas avoir déposé son dossier en personne tandis qu’Antoine Gigenza est empêtré dans une usine à gaz juridique mise en place par la Céni. Il y a comme une volonté d’écarter les candidats les plus dangereux au profit certainement d’Emmanuel Ramazani Shadary, un proche de l’actuel président Joseph Kabila. Les rumeurs sont d’autant plus fortes que c’est au tour de Jean-Pierre Bemba d’être pris dans les filets de la Cour constitutionnelle. Les démêlés judiciaires de Bemba avec la CPI ont servi de prétexte pour l’écarter quand bien même aucun texte congolais ne peut servir de base à cette décision.

 

Le candidat Bemba ne rend pas les armes (démocratiques). Il a déclaré sur France 24 : « Evidemment qu’on a utilisé et instrumentalisé la justice pour m’écarter une fois de plus. Je ne suis pas le seul candidat à avoir été écarté, de poids d’ailleurs, dans cette élection à venir. Je pense que tout acteur se rend très bien compte que tout cela n’est qu’une mise en place qui veut simplement que le choix du candidat au pouvoir puisse ne pas avoir de candidat sérieux devant lui ». Le chemin vers la présidentielle est encore long et semé d’embûches pour les candidats, mais également pour tout un pays déjà au bord du chaos.

Publié le 5 septembre 2018 à 9 h 57 min par La Rédaction

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.