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Les tambours de l’exil

Les tambours de l’exil

Invitée à prendre part à un festival en Suisse, toute une compagnie de tambourinaires a disparu sans laisser de traces. Plusieurs membres de la troupe se sont dits menacés de mort avant de se volatiliser. Leur disparition a été confirmée par les autorités burundaises qui s’interrogent sur la facilité avec laquelle ces personnes ont obtenu un visa pour entrer dans l’espace Schengen. La police suisse ne peut pas démarrer d’enquête dans la mesure où les tambourinaires sont légalement sur le territoire. Pour combien de temps ?

 

Le Burundi est un pays en crise. Déchiré politiquement et à l’agonie économiquement, le Burundi voit des milliers de ses ressortissants quitter le pays à la recherche d’une vie en paix et moins difficile. C’est certainement le chemin qu’a pris un groupe de tambourinaires habitués à se produire au Burundi et à l’étranger. Forte de 21 membres, la compagnie devait se produire à Fribourg (Suisse) dans le cadre du 44e festival Rencontres de Folklores internationales (RFI). Un moyen de faire connaître cet art ancestral dont peut être fier le Burundi.

 

Jean-Pierre Gauch, le président de RFI a affirmé à la presse qu’ « Ils étaient censés venir à 28, ils n’étaient au final que 16. Petit à petit, le groupe s’est dissous. Lors du spectacle de gala, ils n’étaient plus que trois». Aujourd’hui, tous les tambourinaires sont introuvables et plusieurs d’entre eux ont expliqué avant leur départ qu’ils craignaient pour leur vie une fois rentré au pays. Le président de l’Association de la diaspora burundaise en Suisse juge pour sa part que ce départ précipité est dû aux conditions économiques désastreuses dans lesquelles sombre le Burundi.

 

Ces disparitions ont été signalées à la police suisse, mais cette dernière ne peut pas ouvrir d’enquête dans la mesure où les tambourinaires sont légalement sur le territoire suisse et tous majeurs. Leur visa court séjour pour l’espace Schengen est encore valide et il se dit qu’ils préfèrent rejoindre d’autres pays européens où la diaspora burundaise est plus développée.

 

Les autorités burundaises sont furieuses contre la Belgique qui a délivré des visas aux membres du groupe (en accord avec la Suisse qui n’a pas de représentation à Bujumbura). Le gouvernement burundais s’interroge sur la facilité avec laquelle les disparus ont obtenu le fameux sésame qui leur a ouvert la possibilité d’un exil pour le moins incertain.

Publié le 26 août 2018 à 9 h 38 min par La Rédaction

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