A LA UNE

Assassinat d’un prêtre camerounais

Assassinat d’un prêtre camerounais

Qui se cache derrière l’assassinat du prêtre Alexander Sob ? Officiant dans un quartier de Buea, la capitale anglophone du Cameroun, le prêtre a certainement été la victime d’une guerre civile qui ne dit pas son nom, mais qui marque un peu plus chaque jour les rues de l’Ouest camerounais. Il sera compliqué de connaître l’identité et la motivation des assassins, car Eglise catholique est accusée par le pouvoir de faire le jeu des séparatistes quand bien même ces derniers lui reprochent d’être trop liée à l’exécutif.

 

L’Eglise catholique, à l’image du reste des Camerounais, est prise dans la tourmente de la guerre civile. Depuis plusieurs semaines, les escarmouches entre forces de l’ordre et séparatistes sont enregistrées chaque jour dans le pays. Un prêtre de la paroisse de Bomaka (Buea) a été tué dans des circonstances encore non révélées par les autorités. A l’heure actuelle, seul un chargé de communication de l’Eglise catholique au Cameroun s’est exprimé. Il a assuré que des photos de la victime avaient été reçues et qu’elles montraient des traces de mutilations.

 

Les auteurs de cet assassinat n’ont pas été identifiés et aucun élément de l’enquête n’a été dévoilé par les enquêteurs. Il est à craindre que les tueurs ne soient jamais attrapés tant la situation est confuse dans l’Ouest du pays. Les séparatistes accusent l’Eglise catholique de faire le jeu du pouvoir central tandis que Yaoundé suspecte les religieux catholiques de se ranger aux côtés des séparatistes. L’Eglise, elle, souhaite être un pont entre les deux parties afin de restaurer le dialogue et éviter des effusions de sang.

 

Le message de l’Eglise n’est malheureusement pas entendu et les prêtres ne sont pas épargnés par une violence et une insécurité grandissantes dans l’ouest du Cameroun. La décision du président Paul Biya de se présenter à sa propre succession après 35 années au pouvoir ne plaide pas pour un apaisement des tensions. Le chef de l’Etat est considéré par les séparatistes comme le premier responsable d’une guerre civile qui ne dit pas (encore) son nom.

Publié le 23 juillet 2018 à 8 h 08 min par La Rédaction

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.