Ali Bongo coupe dans les effectifs de la présidence

Ali Bongo coupe dans les effectifs de la présidence

Confrontée à un situation économique difficile, le Gabon est scruté par les émissaires du Fonds Monétaire International (FMI). Le pays doit donner des gages de sérieux afin d’obtenir le soutien de cette institution. Le président Ali Bongo a décidé de marquer les esprits en imposant une série de mesures dont la plus commentée est le renvoi de 40 % des effectifs qui composent le cabinet présidentielle. La décision est abrupte et doit servir de modèle à l’ensemble des ministères. Un premier vers l’austérité ?

 

L’austérité est un terme souvent employé à tort pour dénoncer des mesures économiques impopulaires. Au Gabon, la décision du président Ali Bongo de se séparer du jour au lendemain de 40 % du personnel travaillant pour lui, peut-être qualifiée d’austère. Dans un communiqué envoyé à l’AFP, le pouvoir explique les raisons d’une telle mesure. « La présidence de la République, en tant que première institution du pays, se doit de faire preuve d’exemplarité et indiquer le chemin à suivre par le reste de l’administration ».

 

Le mouvement est entamé, et les fonctionnaires rattachés à la présidence ont découvert leur sort en consultant les listes des personnes qui ont été reconduites à leur poste. Une absence sur ces listes signifie un licenciement. Désormais, ce sont les ministères qui sont invités à suivre cet effort « sans précédent et particulièrement courageux en terme de réduction de la masse salariale et donc des effectifs, doit être engagé et cela sans délai ». Les fonctionnaires attendent de nouvelles annonces dans la crainte de perdre leur emploi.

 

D’autres mesures ont également été prises afin de réduire les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Seuls les membres du gouvernement et assimilés pourront voyager en classe affaires. Il est aussi interdit « d’acquérir des véhicules de plus de 30 millions de francs CFA (45.000 euros) dans toute l’administration et autres services publics ». L’objectif de l’Etat gabonais est de passer sous la barre des 500 milliards de FCFA contre 720 milliards de FCFA en 2017. L’annonce de cette politique d’austérité a vivement fait réagir les syndicats qui estiment ne pas avoir « à subir les mesures d’austérité exigées par le Fonds monétaire international (FMI) qui impose la diminution du train de vie de l’Etat ».

 

L’Etat ira-t-il plus loin encore dans les coupes budgétaires au risque de s’aliéner une partie de ses soutiens ? Entre la nécessité de travailler avec le FMI et celle de garder la bienveillance des Gabonais, le chemin est escarpé et sinueux.

Publié le 3 juillet 2018 à 9 h 14 min par La Rédaction

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