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Génocide rwandais : les vérités de Bernard Kouchner

Génocide rwandais : les vérités de Bernard Kouchner

Le génocide rwandais n’a pas encore révélé tous ses sombres secrets, mais une partie du voile a peut-être été levé par Bernard Kouchner. L’ancien ministre français des Affaires étrangères et homme de confiance du président Mitterrand vient de faire des révélations fracassantes. Selon lui, le président et le gouvernement de l’époque savaient qu’un génocide était en cours sans pour autant qu’une réponse forte et rapide n’ait été envisagée. Une absence de réaction qui a mis la France « du côté des bourreaux ».

 

Le rôle de la France dans le tristement célèbre génocide rwandais de 1994 n’est pas encore tout à fait clair. Paris et Kigali s’affrontent sur cette question sensible depuis un quart de siècle et des éléments de réponse pourraient bien avoir été donnés par Bernard Kouchner. Dans une interview au journal La Croix, celui qui chuchotait à l’oreille du président Mitterrand n’a pas hésité à l’avertir du drame qui se tramait dans le pays des mille collines.

 

Présent sur le terrain à trois reprises au cours du génocide, Bernard Kouchner aurait, selon ses dires, été très clair avec le président : « Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. Le FPR (Front patriotique rwandais) n’est pas à la solde des Américains. Ils sont entrés au Rwanda au nom de leurs familles tuées par les Hutus depuis l’indépendance. Ici, nous sommes les amis des bourreaux. Il faut absolument arrêter tout ça ». Une alerte à laquelle aurait répondu François Mitterrand par un troublant : « Kouchner, vous exagérez, allons, je vous connais, vous exagérez ».

 

Bernard Kouchner aurait alors tenté sa chance auprès du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé. Ce dernier lui aurait répondu « Je suis pour que l’on intervienne et pour arrêter le massacre. Mais certains, au gouvernement, s’y opposent ». Les déclarations de Kouchner sont assez troublantes. Elles constituent des éléments uniques qui illustrent l’ambiguïté de la position française au moment où environ 800 000 Rwandais ont perdu la vie. L’ancien humanitaire et homme politique ira-t-il plus loin dans ses déclarations ? Nul doute que des secrets encore bien gardés hantent encore certains esprits.

Publié le 2 juillet 2018 à 9 h 14 min par La Rédaction

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