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Génocide rwandais : non-lieu confirmé pour Wenceslas Munyeshyaka

Génocide rwandais : non-lieu confirmé pour Wenceslas Munyeshyaka

Arrivé en France en 1995 et faisant l’objet d’une plainte depuis juillet de cette année-là, Wenceslas Munyeshyaka a vu son non-lieu confirmé en appel. Vicaire dans une paroisse de Kigali au moment du génocide rwandais en 1994, le prêtre a été accusé d’avoir contribué aux atrocités contre les Tutsis. La justice française n’a pas suivi les parties civiles et Wenceslas Munyeshyaka n’est plus sous la menace d’une condamnation.

 

Le génocide rwandais laisse encore flotter des spectres malgré la réconciliation nationale. Nombreux sont les témoignages qui ont considéré Wenceslas Munyeshyaka comme un de ces spectres qui n’a pas totalement livré toute sa vérité alors que les Tutsis étaient pourchassés en 1994. Vicaire à la paroisse de la Sainte-Famille (Kigali) au moment des faits, Wenceslas Munyeshyaka a recueilli des victimes obligées de se cacher pour échapper à la mort. Mais l’ecclésiastique était depuis son arrivée en France, l’année suivante, accusé d’avoir fermé les yeux sur les descentes meurtrières de bourreaux hutus et d’avoir même pris une part active à des massacres.

 

Installé en Normandie, le prêtre avait bénéficié d’un non-lieu en première instance. La justice française a confirmé le non-lieu en appel mettant fin à 23 années de parcours judiciaire. L’avocat de l’ecclésiastique a dénoncé une procédure portée par « des associations proches du pouvoir rwandais » et à l’agenda politique caché. Un pourvoi en cassation est toujours possible et dépendra de la réaction des associations critiquées par la défense.

 

Dans cette affaire, seule la justice française, reconnue par les juridictions rwandaises, a le destin de Wenceslas Munyeshyaka entre ses mains. Le fin mot de l’histoire n’est peut-être pas connu, mais nul doute que le prêtre âgé de 59 ans respire avec plus de sérénité depuis quelques heures.

 

Pour rappel, environ 800 000 personnes sont mortes lors du génocide rwandais qui a principalement touché les Tutsis entre avril et juillet 1994.

Publié le 22 juin 2018 à 10 h 01 min par La Rédaction

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