Tempête autour du projet de loi électorale

Tempête autour du projet de loi électorale

La République démocratique du Congo est secouée depuis plusieurs jours par les réactions politiques qu’entraîne l’adoption du projet de loi électorale par le Parlement. Les députés de l’opposition ont boycotté le vote, une partie de la majorité a voté contre, mais le projet est devenu loi après avoir obtenu la majorité des suffrages des parlementaires présents. Un vote qui suscite de nombreuses réactions négatives en raison de plusieurs dispositions très polémiques.

 

Le changement de règles électorales est un sujet toujours délicat. Il l’est encore plus dans un pays fragile et instable comme la RDC où les conflits politiques peuvent rapidement prendre une expression armée et meurtrière. Ainsi, le projet de loi électorale présenté aux députés a concentré toute l’attention du pays. Si des efforts ont été faits pour déminer ce terrain à haut risque, le résultat semble peu satisfaisant.

 

Premier point problématique, le texte voté par le Parlement ne serait pas le même que celui présenté en Conseil des ministres… Des ministres membres de l’opposition ont fait circuler cette information qui sent le souffre. Ces derniers parlent de trahison et n’ont pas manqué de mobiliser les rangs d’une opposition qui a finalement préféré boycotter un vote très polémique. La majorité a donc voté seule, mais cela n’a pas empêché des dissensions et des votes contre le texte. Toutefois adopté, il va mettre en œuvre des mesures considérées comme peu démocratiques par l’opposition.

 

Ainsi, un seuil de représentativité de 1 % a été introduit. Les partis politiques et candidats indépendants qui briguent un siège au Parlement devront justifier d’au moins 1 % des suffrages au niveau national pour espérer remporter l’élection. Pour l’Union congolaise pour la liberté (UCL), un petit parti membre de la majorité présidentielle, et son président Henri-Thomas Lokondo, il s’agit là d’une condamnation à mort des petites structures politiques et des indépendants.

 

Une seconde mesure est vivement critiquée : l’introduction d’un cautionnement électoral dégressif selon le nombre de sièges visés. Cela aurait pour conséquence d’avantager les partis politiques les plus riches et de repousser une fois de plus les petites formations en dehors du jeu politique congolais. Autant d’éléments pour le moins corrosifs qui vont continuer de marquer la politique de la RDC pendant au moins plusieurs semaines.

Publié le 6 décembre 2017 à 9 h 36 min par La Rédaction

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