La machine à voter sème le trouble en RDC (et en Corée du Sud)

La machine à voter sème le trouble en RDC (et en Corée du Sud)

Annoncée comme la solution miracle pour la tenue rapide d’élections sans risque de triches, la machine à voter ne cesse de susciter des critiques en RDC. Le média Jeune Afrique s’est penché sur la question et a même fait réagir la diplomatie sud-coréenne. En effet, la machine est de fabrication coréenne et les officiels de ce pays entendent d’ores et déjà se désolidariser d’un système qui pourrait provoquer de vastes fraudes entre de mauvaises mains.

 

La technologie est-elle la solution pour renforcer la démocratie ? La question se pose aux quatre coins du monde et une bonne partie de la population de la République Démocratique du Congo a déjà une idée négative en la matière. Présentée en début d’année, la machine à voter devait être la solution à tous les problèmes électoraux rencontrés par la RDC. Pourtant une enquête de Jeune Afrique mettant à jour une certaine proximité entre des membres de la commission électorale et la société Miru Systems a déclenché une petite tempête diplomatique.

 

La Corée du Sud – où se trouve le siège de Miru Systems – a pris soin de se désolidariser de cette entreprise experte en matériel de vote électronique. L’ambassade de Corée du Sud à Kinshasa a fait savoir à Jeune Afrique que « Le gouvernement coréen a dûment expliqué au fabricant […] les risques potentiels en cas d’exportations de ces machines, lit-on dans ce document dont la traduction a été assurée par les services de l’ambassade sud-coréenne à Kinshasa. Plus particulièrement, exporter ses machines au Congo pourrait donner au gouvernement congolais un prétexte pour [obtenir] des résultats indésirables liés aux élections, notamment [un] retard additionnel [à leur] tenue ».

 

La diplomatie prend ses distances et montre sa défiance vis-à-vis d’un pouvoir congolais qui traîne les pieds depuis des mois quant à la tenue d’élections générales. La Ceni déclare de son côté qu’il n’y a aucune crainte à avoir. Une position très contestée par l’opposition qui rappelle notamment qu’une telle machine sera très compliquée d’utilisation dans un pays où moins d’ 1 % de la population à accès à l’électricité.

Publié le 3 avril 2018 à 11 h 29 min par La Rédaction

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