Burundi : un référendum sous haute tension

Burundi : un référendum sous haute tension

Le prochain référendum relatif au changement constitutionnel est dans tous les esprits burundais. Les partisans d’une modification de la Constitution qui permettrait, en théorie, au président Pierre Nkurunziza de garder les rênes du pays jusqu’en 2034 se montrent très virulents. Un responsable du Cndd-FDD – le parti au pouvoir – n’a pas hésité à menacer les opposants de leur casser les dents. Le climat politique est toujours aussi malsain et la démocratie en danger.

 

Si la campagne officielle n’a pas encore débuté, le référendum constitutionnel est au cœur de toutes les discussions politiques au Burundi. Malheureusement, dans le contexte actuel de grave crise, les esprits s’échauffent et certains responsables politiques appellent à la violence pour faire prévaloir leur point de vue. C’est le cas de Revocat Ruberandinzi, adjoint au maire de Butihinda, et chef de la branche locale du Cndd-FDD. Dans une vidéo authentifiée par plusieurs sources, on voit l’élu tenir un discours inadmissible qui vaudrait des traitements aussi illégaux qu’inhumains s’il était tenu par un membre de l’opposition.

 

Pour Revocat Ruberandinzi, le Burundi se divise entre le camp des « saints » et celui des « criminels ». Tous ceux qui auraient l’intention de faire campagne pour le non sont rangés directement dans cette seconde catégorie. Des « criminels » qui doivent être immédiatement châtiés : « Celui que vous allez attraper en train de faire campagne pour le non, livrez-le à nous. […] Nous allons casser les dents de ces déstabilisateurs, de ces contestataires ». Des propos dangereux et invraisemblables dans un pays qui ne cesse de proclamer à la face du monde son attachement à la démocratie.

 

L’opposition réunie au sein de la Cnared dénonce un « terrorisme d’Etat ». Les Burundais sont appelés aux urnes, mais n’ont pas le choix entre voter « oui » et « non ». Cette nouvelle saillie vient renforcer les éléments exposés par les ONG et l’ONU quant à une dérive dictatoriale dont sont victimes les Burundais.

Publié le 2 février 2018 à 10 h 16 min par La Rédaction

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