Paul Kagamé moque la « démocratie à l’occidentale »

Paul Kagamé moque la « démocratie à l’occidentale »

A New York, à l’occasion de la 72e Assemblée générale des Nations Unies, le président Paul Kagamé a animé une réunion du Council for Foreign Relations. Il a en profité pour exprimer le fond de sa pensée sur les démocraties occidentales et leur tendance à s’ingérer dans la vie politique des Etats africains. Contesté par Washington et certaines capitales européennes, Kagamé a mis le doigt sur les contradictions de certains.

 

« L’Occident parle aussi beaucoup de liberté et donne des leçons sur ce sujet, mais le fait d’imposer aux gens la façon dont ils devraient vivre leur vie revient justement à nier la liberté des peuples ». La prise de parole du président rwandais au Concil for Foreign Relations n’est pas passée inaperçue. Il a une nouvelle fois profité de cette tribune pour remettre en cause les paroles et les gestes de partenaires devenus critiques de sa politique. Réélu à la présidence après un changement de Constitution largement soutenu par les électeurs, l’homme fort du Rwanda règle ses comptes avec certaines démocraties occidentales qui ont tenté de le dissuader de prolonger sa carrière politique.

 

Le président Kagamé a souligné le langage utilisé par certains – à commencer par Washington, Londres et Paris.  « Avant le changement de la Constitution, on m’a dit : ‘Tu dois partir, quelqu’un d’autre doit prendre ta succession, tu peux nommer quelqu’un’ ». Une vision toute particulière de la démocratie qui s’est plu à mettre en lumière celui qui avait conseillé à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo de ne pas signer le Traité de Rome sur la CPI. La Cour pénale internationale est de plus en plus considérée en Afrique comme un moyen d’ingérence pour les puissances occidentales. L’exemple de Thomas Sankaré a aussi été évoqué comme pour bien montrer que Kagamé a retenu les leçons de l’Histoire et qu’il continuera d’éviter les écueils parfois laissés par des démocraties « à l’occidentale » pour lesquelles il ne cache plus son mépris.

Publié le 22 septembre 2017 à 10 h 12 min par La Rédaction

Laisser un commentaire