Enlèvement d’un cadre de l’opposition à Bujumbura

Enlèvement d’un cadre de l’opposition à Bujumbura

Léopold Habarugira, un des rares cadres de l’opposition à ne pas avoir choisi la voie de l’exil a été arrêté le mardi 12 septembre alors qu’il se promenait en compagnie de son épouse dans les rues de Bujumbura. Cet enlèvement qui a impliqué quatre hommes dont un en tenue de policier, fait craindre le pire à la famille du trésorier de L’union pour la paix et le développement (UPD). Les enlèvements et meurtres sont devenus monnaie courante dans un pays en proie à une grave crise depuis avril 2015.

 

Les semaines se suivent au Burundi et charrient des nouvelles bien sombres. Après les accusations de crimes contre l’Humanité émises dans un rapport de l’ONU et les appels à une réponse de la Cour Pénal Internationale, un nouvel enlèvement a eu lieu en plein milieu de la capitale devant des dizaines de témoins. La victime est encore une fois un membre de l’opposition, Léopold Habarugira, qui avait décidé de ne pas quitter le pays malgré les menaces qui pesaient sur lui. L’année dernière, il avait échappé par miracle à un attentat devant chez lui, mais cette fois la méthode a été moins discrète, mais plus efficace pour le priver de sa liberté.

 

Alors qu’il était dans la rue avec sa femme, une voiture noire aux vitres teintées et sans plaque d’immatriculation s’est arrêtée devant eux et quatre personnes en sont sortis. L’un deux avait une tenue de policier et était visiblement armé. Dans l’impossibilité de s’opposer à un enlèvement qui porte la marque des services secrets, l’épouse de Léopold Habarugira a déclaré : « J’ai peur pour lui car nous sommes dans une période difficile : des gens sont enlevés, et ensuite on retrouve leurs cadavres. Ou ils disparaissent sans laisser de traces. J’ai d’autant plus peur que mon mari avait échappé par miracle à un attentat l’année passée. On avait essayé de le tuer devant notre maison. Donc, bien sûr que j’ai peur ».

 

A cet enlèvement s’ajoute un autre événement qui laisse présager de nouvelles heures bien difficiles pour le Burundi. Un bureau du Haut-commissariat des Nations-Unies à Bujumbura a été attaqué par des homes armés. Aucune victime n’est à déplorer, mais l’avertissement du pouvoir est palpable contre une entité perçue comme à l’origine du rapport dénonçant des crimes contre l’Humanité.

Publié le 14 septembre 2017 à 9 h 49 min par La Rédaction

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