Mgr Bala, adieu, à Dieu

Mgr Bala, adieu, à Dieu

Monseigneur Bala, évêque de Bafia a été inhumé le 3 juin, là où il transmettait l’amour du Christ. La veille, les obsèques où étaient présents des centaines d’hommes d’Eglise et des représentants des pouvoirs publics ont été l’occasion de dénoncer les conditions « anormales » dans lesquelles Mgr Bala a disparu. Entre tristesse et crispation, ces journées resteront longtemps dans les mémoires des Catholiques camerounais.

 

« Ceux qui, tapis dans l’ombre, veulent toujours faire du mal…. En quoi l’Église catholique vous gêne-t-elle ? ». L’assistance qui suit les obsèques de Mgr Bala reste coite. L’homélie de Mgr Akonga accuse. Le prélat retrouvé mort le 2 juin dernier dans le fleuve Sanaga ne sait pas noyé contrairement à ce qu’affirment les conclusions de la dernière autopsie. L’Eglise catholique se sait visée et le secrétaire général de la Conférence épiscopale du Cameroun interroge : « Qui tuent les prêtres dans ce pays ? ». Alors que les fidèles applaudissent cette homélie si particulière, mais dans laquelle les hommages à la vie et à la bonté du défunt ont été nombreux, les représentants du gouvernement se sentent visés.

 

Le ministre de la Justice, plus haut responsable de l’exécutif à avoir fait le déplacement a eu tout loisir d’entendre ces paroles : « Quelque chose d’anormal s’est produit […] Le vrai pouvoir, a rappelé le célébrant, ignore la violence. Le vrai pouvoir construit la paix. Le vrai pouvoir promeut le développement de l’homme entier ». Les fidèles rassemblés pour un dernier hommage à leur évêque veulent aussi des réponses face à une noyade pour le moins suspecte. Un évêque s’arrête-t-il sur un pont en pleine nuit pour prendre un bain nocturne dans le fleuve et se noyer par inadvertance ? Une noyade sans eau retrouvée dans les poumons ? Le sérieux est du côté de l’Eglise qui exige la vérité.

 

Les paroles de Mgr Sosthène Bayemi raisonneront longtemps encore : « Je voudrais juste te dire adieu, À Dieu, à nous revoir […] Je voudrais te dire, Voisin, que je sors grandi de ce cauchemar avec la certitude que le rocher de la foi sur lequel le Seigneur a fondé son église résistera toujours aux forces des ténèbres ».

Publié le 4 août 2017 à 9 h 09 min par La Rédaction

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