Les entretiens de Brazzaville : le talk show africain qui n’a pas peur de déranger

Les entretiens de Brazzaville : le talk show africain qui n’a pas peur de déranger

En République du Congo, depuis le printemps dernier, le cabinet Eminence Conseil produit un talk show à l’américaine, Les Entretiens de Brazzaville. Un moment de débat autour de thèmes politicio-économiques qui concernent tous les pays africains. La dernière édition, consacrée au « malaise » entre la CPI et l’Afrique, a été fortement remarquée.

 

Mardi 4 juillet dernier, dans les salons de l’Hôtel Radisson, s’est tenue la troisième édition des Entretiens de Brazzaville. Un événement sur invitation et dont le thème était pour le moins ambitieux, plus qu’il portait sur les relations entre l’Afrique et la Cour Pénale Internationale (CPI), avec pour sous-titre : « Aux sources du malaise ».

Trois conférenciers ont ainsi débattu devant le public et les caméras : Thierry Lézin Moungalla, Ministre de la Communication et des Médias, Alexis Thambwe Mwamba, Ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des sceaux et Désiré Assogbavi, avocat togolais et représentant résident d’Oxfam international auprès de l’Union africaine. Au cœur des différentes interventions encadrées par l’éditorialiste Vincent Hervouet, la pertinence de la CPI, institution judiciaire mise en place il y a une quinzaine d’années.

 

Des conférences 2.0.

 

Le dernier débat sur la CPI n’a pas eu peur de mettre les pieds dans le plat en dégainant les statistiques. « 35 prévenus mis en cause, 35 Africains » lâche pour Africa 24 le ministre de la communication et des médias Thierry Lézin Moungalla, avant de poursuivre « L’Afrique ne se détourne pas de la CPI mais voudrait une amélioration de son fonctionnement, voire de très grandes réformes ».

 

Le malaise se répand d’ailleurs dans la société civile, comme l’a prouvé la récente manifestation pacifique de jeunes congolais en novembre dernier appelant purement et simplement à sortir de la CPI.

 

Ces malaises ont par ailleurs donné lieu à un reportage du Monde Afrique, relayée sur la page Facebook des Entretiens de Brazzaville. C’est d’ailleurs l’une des spécificités de l’événement : ultra-connecté, les Entretiens de Brazzaville bénéficie d’une stratégie de communication 2.0 de grande ampleur pour un rendez-vous destiné à l’élite en premier lieu. Avec ses écrans géants, son public trié sur le volet et sa réalisation léchée, le rendez-vous des Entretiens de Brazzaville assume le gigantisme.

 

Une manière d’attirer l’attention… mais aussi de relayer pour le plus grand nombre des thèmes majeurs, souvent laissés sous silence.

 

A l’origine du dispositif, le cabinet Eminence Conseil

 

Les entretiens n’en sont pas à leur coup d’essai.

 

Le débat précédent, « Le Franc CFA : stop ou encore ? », avaient déjà réuni sur un thème central et stratégique. Les débatteurs présents n’étaient autres que Moussa Mara, ex-Premier ministre du Mali et Djibril Ngom, ex-Ministre du Budget du Sénégal. C’est d’ailleurs ce qui séduit particulièrement dans ce talk show : la présence de grands noms qui se prêtent au jeu du débat.

 

A l’origine de ce coup de force, on retrouve Eminence Conseil et surtout son fondateur, Steve Loemba, le discret chargé de mission auprès du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Homme de réseaux, celui que d’aucuns surnomment « l’éminence grise » est également conseiller auprès du Ministre en charge de l’Aménagement du Territoire et des Grands Travaux et dispose d’une solide expérience internationale.

 

C’est entouré de trois de ses proches d’origine française et congolaise, Erick Roux de Bézieux, Benoît Terrière, Dah Kana Atigha que Steve Loemba a créé ce talk show d’inspiration américaine, Les Entretiens de Brazzaville. Un rendez-vous possible qui réunit un public composé d’invités triés sur le volet, allant du Premier ministre à des diplomates, des directeurs d’administration publique ou des universitaires.

 

Le prochain rendez-vous est déjà prévu après la trêve estivale : le 29 septembre, à la grande salle internationale de Kintélé. Là encore, le thème dérange : « Agroalimentaire : l’Afrique va-t-elle enfin se prendre en main ? »

La question est posée.

Publié le 13 juillet 2017 à 17 h 33 min par La Rédaction

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