Macron ou le mépris des Africains ?

Macron ou le mépris des Africains ?

A peine élu au poste de président de la République, Emmanuel Macron a souhaité se démarquer de ses prédécesseurs. Lors de la campagne, il s’était d’ailleurs fendu d’un retentissant « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Une sortie médiatique qui avait fait du bruit, mais qui n’avait qu’une visée électoraliste au regard des récents propos du président français. Le continent serait confronté à un défi « civilisationnel » et « démographique » qui ne nécessite pas d’aide financière de la part de pays comme la France.

 

Les électeurs sont habitués aux beaux discours et promesses de campagne qui n’ont aucune prise avec le réel une fois le candidat élu. Emmanuel Macron semble être fait de ce matériau, car à peine élu, le président français s’est satisfait d’une déclaration à l’emporte-pièce sur l’Afrique qui laisse imaginer son degré de mépris pour un continent qu’il ne connaît pas, mais que ses amis à l’image de Bolloré exploitent ouvertement. Ainsi, en marge du G20 qui se tient à Hambourg, Macron a déclaré que  « Quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ».

 

La messe est dite. Le nouveau président français toise le continent africain de haut et explique à demi-mot qu’une politique malthusienne est la seule solution pour sortir le continent de la pauvreté. Il faut comprendre le sous-texte. Macron pense que la pauvreté vient d’un trop grand taux de fécondité des femmes alors que des études montrent que c’est la pauvreté qui entraîne un taux plus élevé. De plus contrairement à ce que déclare le président français, le taux de fécondité en Afrique est de 4,7 enfants par femme et non pas 7 ou 8 comme il aime à le faire penser.

 

Enfin, le banquier devrait se rappeler que l’Afrique a été exploitée pendant des siècles par des puissances coloniales qui n’ont toujours pas renoncé à imposer leurs vues et à s’enrichir sur le dos des Africains. Les propos de Macron ne valent pas mieux que ceux de Nicolas Sarkozy qui s’était permis de dire que « l’homme africain n’était pas assez rentré dans l’Histoire ». Un jugement qui sent bon le relent colonialiste et qui n’a pas mis longtemps à frapper Emmanuel Macron. Simple sortie de route ? Peut-être pas, car les critiques qui font de lui un homme fort avec les faibles (c’es-à-dire les pauvres) et faible avec les forts (c’est-à-dire les riches) se révèlent exactes dans la situation actuelle. Macron serait bien inspiré de régler le problème d’une pauvreté et précarisation galopante en France avant de mettre à l’index un continent dans son ensemble.

Publié le 12 juillet 2017 à 10 h 15 min par La Rédaction

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