À peine nommé, le gouvernement Tshibala déjà critiqué

À peine nommé, le gouvernement Tshibala déjà critiqué

L’Etat de grâce n’existe pas en République Démocratique du Congo. En tout cas pas dans le contexte actuel de tensions politiques fortes. La nomination du gouvernement Tshibala intervient finalement près d’un mois après celle de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre. La soixantaine de membres que compte cette nouvelle équipe gouvernementale fait beaucoup jaser en RDC car nombreux sont ceux qui appartenaient déjà au gouvernement Badibanga et les rares transfuges de l’opposition sont honnis par leurs anciens camarades.

 

La nomination du gouvernement Tshibala ne semble pas pouvoir calmer les esprits en RDC. Attendue de tous depuis près d’un mois, elle a largement déçue l’opposition qui voit dans cette composition une manœuvre du président Kabila pour garder le pouvoir et contourner les accords du 31 décembre. Le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-A-Kabund estime que « Joseph Kabila n’a aucune intention d’organiser les élections dans ce pays. La preuve est qu’il contourne l’accord pour prendre Bruno Tshibala dans un arrangement entre les deux. Ce n’est pas pour rien qu’ils évitent un Premier ministre crédible, un Premier ministre opposant réel, parce qu’ils savent que ce chef de gouvernement pèsera pour amener le pays aux élections crédibles ».

 

La présence de frondeurs qui appartenaient jusqu’alors à l’opposition n’émeut pas vraiment le secrétaire générale de l’UDPS. Les postes les plus importants restent inchangés comme les vices-premiers ministres et le ministre des Mines. L’arrivée de Jean-Pierre Lisanga Bonganga, de la Coalition des alliés d’Étienne Tshisekedi, au poste de ministre d’Etat aux Relations avec le Parlement ou d’Emery Okundji au ministère des Postes et Télécommunications ne change pas la donne. Moins de dix transfuges composent ce gouvernement de 59 membres au total. Jean-Marc Kabund-A-Kabund juge la situation ainsi : « Le pouvoir nous a aidés à assainir l’opposition, à rendre l’opposition plus dynamique, plus sereine et nous pouvons compter sur des gens qui sont respectés pour combattre le pouvoir de M. Kabila. Ceux qui ont quitté le Rassemblement pour le pouvoir, ont choisi la voie de la richesse facile ».

 

Le nouveau gouvernement va devoir faire rapidement ses preuves, car les critiques pleuvent déjà et aucun état de grâce ne sera accordé à une équipe qui soulève autant de scepticisme.

Publié le 11 mai 2017 à 7 h 40 min par La Rédaction

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