Quelle liberté pour la presse gabonaise ?

Quelle liberté pour la presse gabonaise ?

Le classement mondial de Reporters sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse n’a pas fait que des heureux sur le continent africain. Les autorités gabonaises ont vivement réagi contre ce classement qu’elles jugent « subjectif » et « idéologique ». 108e de cette édition, mais en tête des pays d’Afrique centrale, le Gabon n’a guère apprécié les reproches fait par RSF alors que le pays travaille actuellement à un nouveau cadre législatif devant permettre l’émergence d’une « presse entièrement libre ».

 

108e sur 179 pays évalués, le Gabon n’est pas très performant en ce qui concerne la liberté de la presse selon Reporters sans Frontières. Le pays n’est que 27e à l’échelle de l’Afrique, mais premier en Afrique centrale. Mais pour les autorités, peu importe le classement, car il serait pipé. Le ministre d’Etat en charge de la Communication évoque un classement « idéologique » et « subjectif » qui n’a donc aucune importance. Selon le ministre, « Reporter sans frontières est simplement dans une démarche idéologique. Ils sont des amis des gens qui ne sont pas d’accord avec nos idées. Par conséquent, nous constatons que ce classement qui pour nous n’est pas du tout logique n’est pas objectif mais idéologique ».

 

Ainsi, les huit places de perdues par rapport à l’édition précédente ne sont même pas du niveau de l’anecdote selon le gouvernement. Ce dernier prépare, par ailleurs, un nouveau cadre législatif devant aboutir à une « presse entièrement libre ». Bilie By Nze a affirmé le 3 mai qu’ « au cours des discussions que nous avons dans la cadre du Dialogue national, un certain nombre d’acteurs voudraient le [le Code de la communication] voir simplement abrogé. Ils ne l’ont pas lu. Ce Code de la communication apporte des avancées significatives, même si, il faut en convenir, des correctifs peuvent être apportés à son application ». Une démarche positive selon les officiels quoi qu’en penserait RSF qui explique dans son dernier rapport que le Code de la Communication prévoit bien une dépénalisation des délits de presse, mais institue des « mesures d’encadrements autoritaires ».

Publié le 6 mai 2017 à 8 h 00 min par La Rédaction

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