Pénurie de carburant à Bujumbura

Pénurie de carburant à Bujumbura

Depuis quatre jours, la capitale du Burundi, Bujumbura, vit au rythme de la pénurie d’essence. Les stations de carburant sont vides et approvisionnées au compte-goutte malgré les propos rassurants que le ministre de l’Energie tenait encore ce 29 mars. Le marché noir s’organise pour ceux qui peuvent payer le carburant au prix fort.

 

La crise au Burundi prend une nouvelle tournure – plus économique – avec une pénurie totale de carburant qui sévit dans la capitale. Bujumbura tourne au ralenti et les fils de voiture congestionnent la ville à la recherche d’un carburant décidément trop rare. Les automobilistes doivent patienter des heures depuis la fin de la semaine dernière pour espérer remplir leur réservoir. Un espoir douché pour la plupart d’entre eux car les cuves sont vides et les camions d’approvisionnement de plus en plus rares.

 

La population est, on le comprend, très remontée contre cette pénurie et surtout sur les causes qu’ils soupçonnent d’être à son origine. La corruption dans le secteur minier et pétrolier est pointée du doigt et le ministre en charge de ce secteur, Côme Manirakiza a perdu une bonne part de sa crédibilité en assurant le 29 avril dernier que la pénurie (alors partielle) était en passe d’être résolue. Une déclaration qui ne passe pas inaperçue auprès d’automobilistes déjà en colère.

 

Aujourd’hui, le marché noir connaît, sans surprise, un boom qui enrichit une minorité. Certains automobilistes qui ont eu la chance de remplir leur réservoir après des heures d’attente n’hésitent pas à revendre leur précieux bien à environ 3 000 francs bu le litre. Au marché noir, le litre se négocie aux alentours de 5 000 francs bu. La pénurie et l’inflation des prix du carburant sont une très mauvaise nouvelle pour un pouvoir déjà largement critiqué. Si la crise atteint des sommets sut le plan économique, une grande majorité de la population pourrait se retrouver dans l’opposition, en quête d’une vie normale.

Publié le 1 mai 2017 à 10 h 48 min par La Rédaction

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