Arrestations arbitraires au Tchad : le régime se durcit

Arrestations arbitraires au Tchad : le régime se durcit

Le Tchad est visiblement entré dans une période où il n’est pas bon de contester la politique menée par un exécutif au mandat remis en cause. Depuis sa réélection en 2016, le président Déby fait face à une opposition très remontée et les arrestations contre les militants de la société civile se multiplient depuis le début du mois d’avril. Trois figures de proue sont actuellement en prison sans qu’aucun motif n’ait été donné à leurs avocats.

 

Le Tchad est-il en train de suivre une pente dangereuse vers une dictature autoritaire ? La question se pose depuis que trois activistes ont été incarcérés entre le 6 avril et le 15 avril. Nadji Kaina, Bertrand Solloh Ngandjeï du Mouvement Citoyen IYINA et Dingamnayel Nely Versinis du collectif tchadien contre la vie chère ont été envoyés en cellule sans avoir été présentés à un juge. Personne ne sait d’ailleurs où ils sont retenus et leurs avocats ne savent même pas pour quel motif ces trois leaders de la société civile ont été arrêtés.

 

Maître Guerimbaye Midaye déplore que « depuis un certain temps, on voit que des prisonniers ont été soustraits de la maison d’arrêt pour être froidement exécutés. Maintenant, il y aussi des gens qui sont arrêtés, on ne sait pas où ils sont détenus. Nous sommes vraiment inquiets parce que d’habitude, lorsqu’il y a des problèmes, nous nous adressons aux autorités, qui nous disent oui, telle personne a été arrêtée pour telle raison ». Désormais, c’est silence radio sur les arrestations menées par le régime.

 

Les responsables d’ONG sont tous très inquiets sur la situation actuelle et le climat politico-social au Tchad. Le régime continue de se durcir et ne semble avoir qu’une réponse policière à la grogne qui monte dans le pays depuis plusieurs mois. Le Tchad s’enfonce dans une crise aux multiples facettes.

Publié le 20 avril 2017 à 10 h 00 min par La Rédaction

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