Colère anglophone au Cameroun

Colère anglophone au Cameroun

A l’initiative du consortium des syndicats Anglophones, une journée « ville morte » a été décrétée dans les régions à dominante anglophone. Cette journée bien particulière a eu lieu le 9 janvier et a semble-t-il été bien suivie. Les promoteurs de cette action souhaitent combattre la « marginalisation » dont ils sont victimes dans un pays à 80 % francophone. Si derrière l’idée de fédéralisation voire d’indépendance se dessine, le président camerounais a rappelé récemment son attachement à l’intégrité territoriale du pays.

 

C’est donc un journée « ville morte » qui a été bien suivie dans les régions anglophones du Cameroun et qui a eu lieu ce lundi 9 janvier. Les écoliers devaient être de retour à l’école après les vacances de fin d’année, mais la rentrée s’est faite sur la pointe des pieds tant le nombre de présents était faible. Par peur des représailles, les parents n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école quand bien même un dispositif de sécurité avait été mis en place pour éviter tout débordement. Seules les régions francophones ont connu une rentrée des classes normales.

 

Outre les établissements scolaires, ce sont nombre de services publics et de commerces privés qui n’ont pas ouverts leurs portes. Le message que le consortium des syndicats Anglophones a voulu faire passer est simple : ne méprisez pas la minorité anglophone qui représente 20 % des habitants du Cameroun. Mais derrière ce message, l’idée de changer les institutions et de voir l’émergence d’un Etat fédéral est caressée par de nombreux supporters de l’anglophonie. Les plus décidés militent, eux, pour l’indépendance et souhaitent proclamer un « Southern Cameroun ». Une alternative que rejette en bloc le président Paul Biya qui a réaffirmé dans un discours à la fin de l’année 2016 que Le Cameroun est un et indivisible. Il le demeurera ».

 

Cette démonstration de force pourrait ne pas être la dernière dans un contexte de tensions toujours plus palpables.

Publié le 10 janvier 2017 à 10 h 01 min par La Rédaction

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