Doutes autour du rapport de l’UE au Gabon

Doutes autour du rapport de l’UE au Gabon

L’Union européenne, par l’intermédiaire de la Mission d’observation électorale au Gabon, émet des doutes quant à la sincérité des résultats de l’élection présidentielle. Réélu avec 50,66 % des voix après validation de la Cour constitutionnelle gabonaise, Ali Bongo est chahuté par une opposition qui dénonce des manipulations. Jean Ping, arrivé deuxième du scrutin, se voit conforter dans sa détermination, mais une surprise post-électorale semble difficile à concevoir.

 

La réélection d’Ali Bongo à la présidence de la République gabonaise est critiquée de manière plutôt feutrée par la Mission d’observation électorale de l’Union européenne qui vient de rendre son rapport. Plus précisément, ce sont les résultats dans certaines régions qui sont remis en question avec une participation très haute et une quasi-unanimité pour le président sortant. Les 65 pages du rapport portent sur 10 % des bureaux de vote et viennent renforcer la thèse soutenue par Jean Ping que l’élection n’a pas été entièrement juste. Ce dernier a d’ailleurs déclaré à la presse que « ce rapport démontre de manière incontestable que c’est moi qui suit le vainqueur de l’élection présidentielle ».

 

Si une telle déclaration était à prévoir de la part du challenger malheureux, celle de l’exécutif n’a rien de surprenant non plus. Le porte-parole du gouvernement, Bilie By Nzé, a expliqué lors d’une conférence de presse son étonnement face à « cet acharnement à relever de prétendues anomalies dans cette partie du territoire qui a toujours voté en faveur du candidat du PDG avec des suffrages se situant systématiquement au-dessus des 90% ». La balle reste dans le camp de l’Union européenne pour savoir quelles suites donner à ce rapport qui véhicule certains doutes, mais qui n’apporte aucun fait tangible permettant d’affirmer que la dernière élection au Gabon n’a pas rempli toutes les conditions démocratiques nécessaires. Ainsi, l’exécutif actuel devrait avoir le champ libre jusqu’au prochain scrutin présidentiel dans cinq ans.

Publié le 15 décembre 2016 à 10 h 09 min par La Rédaction

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