Le facilitateur juge légitime le président Nkurunziza

Le facilitateur juge légitime le président Nkurunziza

Les conclusions de Benjamin Mkapa, appelé au poste de facilitateur pour tenter de régler la crise politique au Burundi, étaient attendues par tous les acteurs de ce grave conflit. Au terme d’une nouvelle tournée de deux jours dans le pays, l’ancien président tanzanien a plutôt penché du côté de Pierre Nkurunziza dont la réélection est contestée violement par une grande partie de l’opposition. Benjamin Mkapa estime qu’il est aujourd’hui inutile de contester la « légitimité » de l’actuel président burundais.

 

Homme pondéré et considéré par l’ensemble des politiques burundais, Benjamin Mkapa, ancien président de la Tanzanie de 1995 à 2005 devait dénouer de gros nœuds pour aider le Burundi à sortir de l’impasse meurtrière dans laquelle le pays s’est égaré. Missionné comme facilitateur, Mkapa a rendu des conclusions plutôt à l’avantage du président Pierre Nkurunziza dont la réélection l’année dernière a été l’élément déclencheur des violences qui secouent toujours le pays. Lors de sa conférence de presse concluant une série de nouveaux échanges avec différents acteurs du conflit, Benjamin Mkapa a souligné qu’il n’avait pas à « déterminer la légitimité du gouvernement du Burundi » tout en martelant que « les gens qui doutent encore de sa légitimité sont fous. Où est-ce qu’ils tirent cela ? (sic) Ces gens ont perdu le nord. Le peuple burundais a tranché et les gens devraient plutôt penser à se préparer pour les élections de 2020 ».

 

Cette prise de position plutôt tranchée n’est pas du tout du goût de l’opposition qui récuse Mkapa dans ses fonctions de facilitateur. Le CNARED, la principale coalition des partis d’opposition burundais souligne qu’au moins « cette déclaration du Facilitateur a le mérite d’être claire et limpide quant au sort du processus des pourparlers d’Arusha : il vient de mettre fin à ce processus, ce qui constitue une démission et un aveu d’échec ». L’inquiétude est très vive quant à la suite des opérations car la CNARED craint que cette légitimation du pouvoir entraîne de nouvelles vagues de violences et d’exactions. Il en appelle à l’ONU pour reprendre le flambeau des pourparlers entre deux camps toujours plus opposés frontalement.

Publié le 10 décembre 2016 à 10 h 01 min par La Rédaction

Laisser un commentaire