Crise en RDC : l’opposant Moïse Katumbi et Bruxelles adressent un « carton jaune » à Joseph Kabila

Crise en RDC : l’opposant Moïse Katumbi et Bruxelles adressent un « carton jaune » à Joseph Kabila

Mercredi 19 octobre, l’opposition congolaise avait appelé à une opération « ville morte » afin de dénoncer le report de la présidentielle et le maintien de facto de Joseph Kabila au pouvoir. Les activités ont tourné au ralenti, alors que les manifestants, sous le leadership de l’opposant Moïse Katumbi, ont donné un « carton jaune » au chef de l’État.

 

Les raisons de la colère

 

L’appel de l’opposition congolaise à une opération ville morte, mercredi 19 octobre, pour exiger l’organisation d’élections générales en décembre prochain, a été largement suivi. A Kinshasa, mégapole de quelque 10 millions d’habitants d’habitude caractérisée par son activité tumultueuse, tout était paralysé. Les rues des quartiers Nord de la capitale étaient étrangement désertes. Au centre-ville, les grandes surfaces et autres échoppes sont restées fermées. La plupart des écoles n’ont pas ouvert afin de prévenir toute éventualité.

 

Cette manifestation contrainte à se cacher – les dernières, qui ont eu lieu dans la rue les 19 et 20 septembre, ont été violemment réprimées par l’armée – vient sanctionner un accord signé par la majorité présidentielle et une frange minoritaire de l’opposition, menée par l’opposant Vital Kamerhe, à l’issue de pourparlers qualifiés de « dialogue national ». M Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, est le seul membre notable de l’opposition à avoir pris part à ces pourparlers. Il est de fait pressenti comme le futur Premier ministre du nouveau gouvernement « de réconciliation » prévu par cet accord – une réconciliation totalement superficielle puisqu’elle exclut une grande partie de l’opposition et de la société civile, vent debout contre la résolution.

 

Les principaux représentants de l’opposition ont en effet choisi de boycotter ce dialogue, et l’Église catholique s’en est retirée au mois de septembre. Ces deux forces vives de la nation préconisent un « régime spécial » sans Kabila après la fin de son second mandat, régime qui prendrait les rênes du pays lors de la période de transition avant les prochaines élections. On l’imagine, Kabila et Kamerhe ne le voient pas du même œil.

 

L’accord signé entre eux prévoit le maintien du chef de l’État sortant jusqu’à l’élection de son successeur : « la présidentielle aura lieu le 29 avril 2018 et la passation de pouvoirs entre le président entrant et le président sortant le 9 mai ». Or, selon la Constitution, la prochaine élection présidentielle devait avoir lieu avant la fin du deuxième mandat de Joseph Kabila, le 20 décembre 2016. L’opposition l’accuse depuis plusieurs mois déjà de vouloir se maintenir au pouvoir après la fin de son second mandat à la tête du pays – le dernier prévu par la loi fondamentale de RDC. Les récents évènements semblent lui donner raison, de ces accords très contestés à la répression sauvage des mobilisations précédentes par les forces de l’ordre.

 

« Carton jaune » de Moïse Katumbi et de Bruxelles

 

Moïse Katumbi, pilier de l’opposition, entendait par cette mobilisation « silencieuse » adresser un « carton jaune » à Joseph Kabila. S’il estime que « Kabila peut encore sortir par la grande porte », l’homme d’affaires et ex-gouverneur du Katanga ne se fait plus vraiment d’illusions. En 2015 déjà, celui que Jeune Afrique désignait personnalité de l’année quittait le PPRD, le parti du président, en raison des dérives anticonstitutionnelles des dirigeants et du recul de l’Etat de droit et des libertés individuelles. Et s’il a les faveurs de Washington, de Bruxelles, de Paris et, surtout, d’une large partie de Congolais, rien n’indique qu’il pourra défendre ses chances avant fin décembre, dans les conditions prévues par la Constitution.

 

De son côté, le Conseil de l’Union européenne a estimé que « la crise politique de la RDC ne peut être résolue qu’à travers un engagement public et explicite de tous les acteurs à respecter la Constitution actuelle, en particulier en ce qui concerne la limitation des mandats présidentiels ainsi que par un dialogue politique substantiel, inclusif, impartial et transparent. » Pour l’Union, la résolution doit passer par « l’organisation des élections présidentielle et législatives dans le délai le plus court possible au cours de l’année 2017 ». Il a même été question de sanctions contre Kinshasa dans le cas où la présidentielle ne serait pas organisée « dans le délai le plus court possible au cours de l’année 2017 ».

Publié le 26 octobre 2016 à 15 h 44 min par Rédaction

Comments

  1. Kabila doit partir, c’est ca la solution. Dites moi pourquoi les éléctions n’ont jamais eu des problemes d’organisations ni de finances quelconques dans les deux dernières (en 2006 et 2011), seulement maintenant???. Que ce Rwandais parte, nous avons marre de toute cette souffrance en RDC dont Kanambe seul en est le principal auteur…!. Vive la RDC, vive le peuble congolais et vive la démocratie…!

    Alex Brest
  2. Kabila doit partir, c’est ca la solution. Dites moi pourquoi les éléctions n’ont jamais eu des problemes d’organisations ni de finances quelconques dans les deux dernières (en 2006 et 2011), seulement maintenant???. Que ce Rwandais parte, nous avons marre de toute cette souffrance en RDC dont Kanambe seul en est le principal auteur…!. Vive la RDC, vive le peuble congolais et vive la démocratie…!. Merci

    Alex Brest

Laisser un commentaire