Tchad : le Gouvernement face à une motion de censure

Tchad : le Gouvernement face à une motion de censure

Le calendrier politique s’est soudainement accéléré au Tchad avec le dépôt d’une motion de censure par vingt-trois députés de l’opposition. Le Gouvernement a désormais 72 heures pour répondre aux questions relatives à la situation économique et sociale difficile que traverse le pays. Faute d’un soutien majoritaire, la motion ne devrait pas passer mais le vote à bulletin secret pourrait laisser apparaître des fractures au sein de la majorité.

 

Le Premier ministre Albert Pahimi Padacké est sur la sellette depuis que des députés de l’opposition ont déposé une motion de censure le mercredi 19 octobre. Réunissant vingt-trois signatures (le minimum est de dix-huit), les députés critiques du bilan gouvernemental entendent obtenir des réponses claires quant à la crise traversée par le pays. La gestion de cet épisode difficile est particulièrement dénoncée avec des écoles publiques fermées, le coût des infrastructures qui s’est envolé et des revenus pétroliers qui posent problème.

 

Madtoïngué Benelgar, co-signataire de la motion de censure a expliqué sa démarche ainsi : « Les mesures prises par le gouvernement pour gérer la crise économique se sont avérées catastrophiques, au point de remettre en cause la paix sociale et la stabilité du pays ; les effets collatéraux de ces mesures ont un coût social et financier largement supérieur aux économies attendues, sans oublier le déficit évident de véritables mesures pour encadrer l’effusion (sic) des recettes des finances publiques ». Cette attaque en règle n’émeut pas outre mesure une majorité présidentielle qui estime que « cette motion de censure n’a pas sa raison d’être ». Toutefois, le vote à bulletin secret pourrait pousser certains députés de la majorité à exprimer leur mécontentement après notamment des coupes budgétaires qui ont fait grand bruit.

Publié le 20 octobre 2016 à 10 h 11 min par La Rédaction

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