Tchad : premier bilan de la présidentielle

Tchad : premier bilan de la présidentielle

Près de 6 millions de Tchadiens étaient appelés à choisir parmi treize candidats à la présidentielle, ce dimanche 10 avril à laquelle s’est présenté le sortant Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans. Un scrutin qui intervient dans un climat social tendu et un blackout total des télécommunications.

 

Le scrutin présidentiel au Tchad s’est déroulé dans l’ensemble sans grave incident, sous forte présence militaire, mais internet a été coupé à N’Djamena durant le vote et les journées qui ont suivi. Le réseau mobile avait été interrompu dès dimanche 10 avril au matin et l’internet fixe avait suivi dans la soirée. Les SMS ne passaient plus non plus sur le réseau local. Ces mesures d’isolement et de censure, nullement expliquées par les autorités, empêchent de fait les opposants de communiquer entre eux au sujet des conditions de déroulement du vote.

 

Autre signe de crispation du pouvoir tchadien, certains médias internationaux télévisés, qui avaient l’autorisation de tourner jusqu’à dimanche soir, étaient toujours lundi en milieu de journée dans l’attente d’une nouvelle autorisation de travailler de la part du ministère de la Communication, et empêchés de fait de suivre l’après-élection. Suspendue dimanche pendant le scrutin, la circulation a bien repris dans la capitale et le déroulement du vote était abondamment commenté dans les quartiers pauvres où l’on espérait toujours, sans trop y croire, « un vrai changement ». Le président sortant est en effet le grandissime favori, la question principale étant de savoir s’il y aura ou non un second tour.

 

Aux dires des observateurs électoraux, le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs. « Ce que nous avons remarqué sur le terrain ce matin [dimanche], c’est, dans certains bureaux de vote, une ouverture tardive […] mais cela n’a pas perturbé le bon déroulement du scrutin », rapporte Nadibigue Pinah Padja, chef de mission adjoint de la mission d’observation électorale.

 

L’élection présidentielle a permis aux électeurs « de choisir librement leurs dirigeants » malgré des anomalies dans son déroulement, a estimé à N’Djamena la mission d’observation de l’Union africaine. « Dans l’ensemble, l’élection présidentielle a donné l’occasion aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants (…) dans un climat apaisé », conclut le rapport de la mission présenté à la presse et lu par le chef de mission, le Malien Dioncounda Traoré.

Publié le 14 avril 2016 à 8 h 22 min par Marc Lallemand

Laisser un commentaire