Des policiers bientôt envoyés par l’ONU au Burundi ?

Des policiers bientôt envoyés par l’ONU au Burundi ?

Pris dans l’engrenage de la guerre civile, le Burundi n’a pas les clés pour arrêter les violences. On recense déjà plus de 400 morts et 250 000 réfugiés depuis le début du conflit il y a un an. La communauté internationale tente de résoudre le conflit et le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 1er avril une résolution visant à envoyer des policiers étrangers. Une mission qui doit encore se concrétiser sur le terrain.

 

Une résolution présentée par la France a été votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU afin d’envoyer des policiers sur le sol burundais. Leur nombre ne serait que d’une trentaine, mais cela constituerait un premier pas vers un apaisement des tensions qui ne survient toujours pas. Selon le représentant du Burundi aux Nations Unies, la capitale Bujumbura et la frontière avec le Rwanda seraient les deux régions les plus concernées.

 

L’envoi de policiers ne pourra se faire qu’en collaboration avec les autorités burundaises et l’Union africaine. Le calendrier pour se mettre d’accord sur les questions techniques et logistique est de quinze jours. Cette mission permettra à la communauté internationale de « « à réagir rapidement pour éviter le pire » selon l’ambassadeur de France auprès des Nations unies. Ce texte est issu de négociations notamment avec les Etats-Unis et la Chine qui occupe le siège de la présidence du Conseil de sécurité en ce mois d’avril.

 

Interrogé par RFI, le représentant du Burundi à l’ONU, Albert Shingiro a souligné que la résolution constituait aussi une mise en garde contre le Rwanda avec lequel le Burundi connaît des relations très tendues actuellement. « Autre chose, la résolution lance un message très fort aux acteurs de la région pour qu’il n’y ait pas ce qu’on appelle entraînement et équipement des groupes armés pour déstabiliser d’autres pays. Pour nous, ces messages régionaux visent, pour le moment, le Rwanda. Diplomatiquement, la résolution n’a pas voulu préciser le nom mais ça concerne le Rwanda ».

 

Ainsi, chacun trouve dans le texte matière à se réjouir, mais la mise en place effective de cette force policière, qui rappelons-le, sera non armée, demeure la priorité. Chaque jour apporte son lot de violences et une présence internationale, aussi insuffisante soit elle ne peut être que positive au regard d’une situation qui se dégrade toujours plus.

Publié le 1 avril 2016 à 10 h 25 min par Mathilde Grandjean

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