Cameroun : un climat des affaires morose

Cameroun : un climat des affaires morose

La publication du classement Doing Business de la Banque mondiale fait autorité lorsqu’il s’agit pour d’investisseurs éventuels de venir dans un pays où ils ne sont que pas ou pas présents. Chaque année, la Banque mondiale fait des recommandations à tous les Etats afin de favoriser l’attractivité et libres à eux de se plier aux suggestions de cette institution financière. Une liberté avec laquelle joue le Cameroun qui perd même plusieurs places selon Doing Business.

 

Lors de la présentation du classement 2016,  Moïse Ekedi, secrétaire permanent du Cameroon Business Forum (CBF), faisait grise mine. Le pays a vu ses résultats baisser pour presque l’ensemble de tous les indicateurs faisant passer le Cameroun de la 168e à la 172e position. Un bilan peu flatteur qui relègue le pays dans le wagon final au niveau mondial. Pourtant les autorités camerounaises soulignent qu’elles sont plus que disposées à prendre en compte les messages de la Banque mondiale.

 

Cameroon Business Forum explique que 14 des 20 recommandations faites pour l’année 2015 sont « soit exécutées, soit en cours de finalisation », avec un « taux de réalisation de l’ordre de 70 % par rapport à une moyenne de 50 % par le passé ». Pour ce qui est de l’année 2016, une vingtaine de nouvelles recommandations ont été faites par la Banque mondiale. Les délais impartis courent de mars à décembre 2016. Des domaines aussi différents, mais essentiels à la bonne santé d’une économie sont pris en compte comme le paiement des impôts, l’accès à l’électricité er la promotion des investissements. Là encore, le Gouvernement a fait part de sa volonté d’aller de l’avant même s’il se dit de plus en plus nettement que les mauvais résultats obtenus sont issus en partie d’une communication déficiente sur le sujet.

 

Ce constat vient de la Banque mondiale elle-même : « Le manque de communication autour de ces réformes demeure un problème grave, qu’il faut régler ». Les propos tenus par Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale au Cameroun sont à prendre en compte si le pays veut faire meilleure figure dans un futur prochain. Autre boulet du Gouvernement pour améliorer l’attractivité du Cameroun, la lourdeur de l’appareil administratif qui empêche la mise en œuvre rapide de mesures pourtant votées par le Parlement. Malgré un travail législatif important, les réformes se trouvent bloquées une fois sur le terrain. Cette carence est d’autant plus préjudiciable que le Cameroun ne pourra espérer aucun résultat positif de long terme s’il ne se défait pas cet état de fait. Le travail à effectuer demeure donc colossal, mais indispensable pour assurer au pays une économie prospère.

Publié le 26 mars 2016 à 10 h 09 min par Jean-Yves Denis

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