Scandale au Cameroun

Scandale au Cameroun

C’est un terrible drame qui vient de se dérouler à l’hôpital Laquintinie, situé dans la ville Douala, au Cameroun. Une patiente enceinte est décédée devant les grilles mêmes de l’hôpital, sans qu’aucun secours ne lui ait été apporté. Monique Koumate, tel est son nom, se rendait aux urgences avec sa famille, lorsqu’elle a été prise d’une crise cardiaque en sortant du taxi.

 

Devant cette situation d’urgence, le personnel de l’hôpital n’a absolument pas réagi, réagissant ainsi à rebours de toutes les leçons de secourisme, et c’est à un membre de la famille qu’a incombé la difficile tâche d’essayer de sauver la mère ainsi que les deux enfants qu’elle portait. Mais peine perdue, la mère et ses deux enfants furent déclarés rapidement décédés, sans, qu’une nouvelle fois, aucune intervention de la part du service de santé de l’hôpital Laquintinie n’ait été lancée. Cette situation, infiniment triste, se trouva encore plus abjecte lorsque de nombreux témoins se mirent à filmer la scène, pour la diffuser dans les minutes et les heures qui suivirent sur Internet.

 

Ci-tôt la vidéo mise en ligne, la toile se déchaina. Beaucoup dénoncèrent rapidement le caractère inexcusable de ces manières, et ce manque de pudeur essentiel qui avait manqué aux observateurs sur place. Mais d’autres sons de cloches sont également très rapidement venus d’Internet, soulignant que ce retentissement médiatique à la hauteur de ce drame permettra peut-être que de telles situations ne se reproduisent plus jamais en Afrique, et plus spécialement au Cameroun.

 

Ainsi, ce sont avant tout les médecins et les services de l’hôpital qui sont à blâmer, bien avant les badauds, et justice doit être immédiatement rendue. Le serment d’Hippocrate n’est pas une feuille qui s’envole au vent. Certes non. Il engage fortement celui qui n’y soumet. A celui qui le signe, il engage une responsabilité vitale et totale, responsabilité qui doit être placée en permanence au-dessus de toutes les contingences de ce monde, que ce soit celles de l’argent-roi ou même celles émanant d’obscurs conflits d’intérêts qui viennent brouiller l’action de chacun. Cette exigence, il faut le répéter, est celle de sauver des vies. Celle des riches, et celles des pauvres, sans aucune différence de classe.

 

Le personnel de la structure de l’hôpital Laquintinie a failli, et il ne sert à rien désormais de se cacher derrière son petit doigt. Le droit existe, et la non-assistance à personne en danger est un chef d’inculpation grave. La décision en incombera à la justice désormais, si le système pénal décide de porter ce drame devant la justice, ce que beaucoup d’observateurs, au Cameroun, comme au pays du perroquet gris, appellent ardemment de leurs vœux, pour que plus jamais se reproduisent un drame comme celui qui vient de se dérouler aux portes mêmes de la structure hospitalière Laquintinie de Douala.

Publié le 14 mars 2016 à 16 h 31 min par Emmanuel Samba

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