Gros succès pour l’opération ville morte à Kinshasa

Gros succès pour l’opération ville morte à Kinshasa

La majorité des habitants de la capitale de la RD-Congo sont restés cloitrés chez eux, mardi 16 février afin de protester contre les manœuvres du président Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir. Lancé par les plates-formes la Dynamique de l’opposition, le G7 et le Front anti-dialogue, ce mot d’ordre a été suivi et relayé par les autres mouvements de l’opposition.

 

A l’approche de la fin du mandat présidentiel, et alors que les délais électoraux s’accumulent, le bras de fer continue, en république démocratique du Congo, entre le pouvoir et l’opposition. Visiblement, l’appel à la grève générale lancé par les principales figures de l’opposition congolaise a été entendu. Mardi, la vie tournait au ralenti à Kinshasa. La population semble avoir massivement répondu à l’appel pour une a journée ville morte, à l’initiative de la Dynamique de l’opposition, regroupement de dizaines de partis et d’organisations de la société civile autour de deux des principales formations, et le Groupe des 7 (G7).

 

Les détracteurs du Président Joseph Kabila saluent déjà ce qu’ils appellent comme une victoire dans cette mégapole de dix millions d’habitants. Les bus publics en circulation étaient quasiment vides, et la plupart des écoles étaient fermés. Dans d’autres grandes villes du pays, notamment à Lubumbashi, Bukavu et autre Goma des scènes similaires ont été observées. Ils accusent le président Joseph Kabila, dont le mandat s’achève en décembre 2016, de vouloir se maintenir au pouvoir alors que la constitution s’y oppose. Joseph Kabila a succédé à son père Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001, puis a remporté les élections -aux résultats contestés- de 2006 et 2011.

 

« C’est une manifestation pacifique contre le durcissement du régime par le président Kabila, contre les manœuvres qu’il engage pour rester au palais présidentiel », juge Franck Otete, le chargé de stratégie du mouvement citoyen Filimbi. Plus de 40 personnes ont péri lors de la répression des manifestations de janvier 2015 sur la même question du maintien de Kabila à la présidence. Cette fois, aucune violence notable n’a été rapportée, mais six personnes au moins ont été arrêtées. Dans la capitale, le signal de la radio RFI, qui avait été brouillé dès le matin, a été rétabli aux alentours de 17h00 (16h00 GMT).

 

Le choix de la date du 16 février n’est pas fortuit : il s’agit de l’anniversaire de la répression sanglante de la marche des chrétiens de 1992. Cette marche était en effet partie des églises catholiques de Kinshasa après la messe de dimanche afin d’arracher la démocratie au chef de l’Etat de l’époque, Mobutu Sese Seko.

 

Publié le 19 février 2016 à 6 h 48 min par Laurent Fronsac

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