Centrafrique : avance contestée pour Faustin Archange Touadéra

Centrafrique : avance contestée pour Faustin Archange Touadéra

Faustin Archange Touadéra a largement devancé son rival Anicet Georges Dologuélé dans la capitale Bangui selon les résultats provisoires du deuxième tour de la présidentiel centrafricaine, a annoncé l’Autorité nationale des élections (ANE) le 17 février. Son rival Anicet Georges Dologuélé, a néanmoins accusé mercredi son rival Faustin Archange Touadéra de « fraudes organisées » lors du scrutin censé sortir le pays de trois années de violences.

 

Une double polémique a éclaté mardi à Bangui. La première fait état d’une éventuelle rencontre secrète entre un candidat au second tour de la présidentielle qui s’est tenu dimanche en Centrafrique, Anicet Georges Dologuélé, et un haut responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE). Le camp du candidat Faustin Archange Touadéra a accusé, lors d’une conférence de presse mardi, le rapporteur général de l’ANE, Julius Ngouadé Baba, d’avoir rencontré lundi soir en privé l’autre finaliste de la présidentielle, Anicet Georges Dologuélé. « Pourquoi, alors que les résultats du second tour du scrutin présidentiel étaient en cours de traitement (…) accepte-t-il de répondre à l’invitation d’un candidat à l’élection présidentielle, dans un cadre privé ? » a demandé Simplice Sarandji, le directeur national de campagne de M. Touadéra.

 

Plus gracve encore, le perdant accuse son adversaire de fraudes organisée : « Nous détenons à ce jour des preuves tangibles de fraudes organisées par le camp adverse à Bangui et dans les provinces », a affirmé au cours d’une conférence de presse, Saturnin Ndomby, porte-parole du parti de M. Dologuélé, l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA). « l y a des bureaux de vote qui sont apparus dans certains arrondissements » lors de la proclamation des résultats partiels de Bangui: ce sont « des bureaux de vote fictifs » a-t-il dénoncé. Par ailleurs, « nous avons reçu plusieurs situations d’intimidation avec des chefs de milices armées arpentant les quartiers et les villages ou les abords des centres de vote pour orienter le vote des citoyens », a-t-il ajouté.

 

L’équipe de campagne de M. Touadéra, déplore ces faits « d’une profonde gravité. » En attendant, Julius Ngouadé Baba a été « mis à l’écart « pour ne pas gêner le processus électoral », selon la présidente de l’ANE, Marie-Madeleine N’kouet Hoornaert, évoquant des suspicions « pas avérées ». L’ANE a prévenu que les résultats complets du scrutin ne seront pas annoncés avant une semaine. En Centrafrique, les élections législatives et présidentielle sont censées tourner définitivement la page de la transition qui s’est ouverte dans le sillage des violentes inter-religieuses consécutives au renversement du régime de François Bozizé, issu de la majorité chrétienne, par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka.

 

Publié le 18 février 2016 à 9 h 44 min par Emmanuel Samba

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