Présidentielles au Congo : souriez, vous êtes filmés

Présidentielles au Congo : souriez, vous êtes filmés

Le dernier candidat en lice pour la présidentielle au Congo, le général Jean-Marie Michel Mokoko, voit ses ambitions compromises par une vidéo. Diffusée samedi dernier, elle le montre en train d’organiser une tentative de coup d’état pour renverser le président sortant Denis Sassou Nguesso.

 

Au Congo-Brazzaville, l’élection présidentielle est prévue pour le 20 mars 2016. Les opposants, qui doivent affronter le président Denis Sassou N’Guesso, investi par le PCT, multiplient les candidatures. L’une des plus remarquées était celle de l’ancien chef d’Etat-major de l’armée et ancien conseiller de Denis Sassou N’Guesso sur les questions de paix et de sécurité. Ce dernier s’était, à la surprise de tous, lancé dans la campagne après avoir claqué la porte du cabinet, samedi 13 février.

 

« Face au désarroi de notre peuple et le désespoir de notre jeunesse qui ne voit plus son salut que dans le mirage d’une expatriation illégale, face à l’accentuation de la pauvreté de notre peuple, face
à la dégradation de l’Etat dans tous ses fondements, face aux sollicitations pressantes de nombreux compatriotes de tous horizons, et des forces de progrès, j’ai décidé de prendre le parti du peuple en
me portant candidat à l’élection présidentielle », avait alors déclaré l’ancien conseiller présidentiel.

 

Considéré comme un conçurent de taille, il était pressenti pour prendre la pole position au sein de l’opposition. Aujourd’hui, rien n’est moins sûr. Une vidéo datant de 2007 a émergé, le montrant dans une situation très compromettante. On voit le candidat à la présidentielle en train de discuter de la préparation d’un coup d’Etat contre le président congolais avec des hommes se présentant comme des agents français proches de la DGSE.

 

Il y décrit dans le détail le dispositif de sécurité autour du président Sassou-Nguesso, et discute de la liste des officiers supérieurs qu’il faudra neutraliser pour prendre le pouvoir. Il liste « ceux qu’il faudra arrêter » et ceux « dont on dira qu’ils se sont débattus », pour justifier leur assassinat. « C’est des dommages collatéraux », précise son interlocuteur. Il répète par la suite sa déclaration de prise du pouvoir, au cours de laquelle il exprime aux Congolaises et aux Congolais ses regrets d’avoir eu recours à un coup d’État, la situation, hélas, ne lui laissant pas d’autre choix.

 

Cette vidéo risque bien de mettre un terme aux ambitions de l’officier, qui comptait mettre en avant son image de démocrate incorruptible. Sa défense est pour l’heure encore confuse, puisqu’il reconnait l’existence de l’enregistrement, tout en réfutant son contenu – elle est aujourd’hui publique et accessible à tous. Aux dernières nouvelles, le général aurait fui Brazzaville pour Makoua, le village de sa tribu, où il serait déjà arrivé.

 

Publié le 17 février 2016 à 8 h 58 min par Mathilde Grandjean

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