Présidentielles au Congo-Brazzaville : Tsaty Mabiala, candidat face à Sassou-Nguesso

Présidentielles au Congo-Brazzaville : Tsaty Mabiala, candidat face à Sassou-Nguesso

La course à la chaise présidentielle au Congo-Brazzaville est lancée. Au moins quatre candidats sont déclarés pour faire face au Président Denis Sassou-Nguesso, candidat à sa succession. Mais aucun ne convainc encore au point de laisser croire que l’actuel chef d’État, très populaire, pourrait être remplacé.

L’opposition n’aura pas réussi à présenter un candidat unique face à Denis Sassou-Nguesso. Quatre candidats se battront pour incarner l’« alternance » le 20 mars prochain, date de la tenue des élections présidentielles. Les deux premiers à avoir annoncé leur candidature sont Joseph Kignoumbi Kia Mboungou et Anguios Nganguia Engambé.

Le premier, cadre de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), principal parti de l’opposition fondé par l’ancien président Pascal Lissouba, a été le premier à annoncer sa candidature. Mais il se présentera à cette élection en indépendant, sous le label de son association « La Chaîne ». Il s’était déjà présenté en indépendant aux précédentes élections de 2002 et 2009, récoltant 2,76 % et 7,54 % des voix.

Le second vient d’être investi par le Parti pour l’action de la République Mâ (PAR) lors des premières primaires organisées par cette formation politique. André Okombi Salissa, ancien ministre de l’actuelle majorité (à l’Enseignement technique, aux Sports, aux Transports, puis à la Sécurité sociale), a été désigné pour représenter l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), une coalition d’opposition composée d’anciens partisans ou membres du gouvernement du chef d’État.

Pascal Tsaty Mabiala annonce sa candidature

Dernier candidat à s’être déclaré pour l’heure, Pascal Tsaty Mabiala entre dans la course pour le compte de l’UPADS. Candidat officiel de la formation politique, il a été désigné dimanche 31 janvier à Brazzaville. « Le Conseil national a unanimement retenu la candidature du camarade Pascal Tsaty Mabiala à cette élection majeure », a annoncé le porte-parole de l’UPADS. L’Union est membre du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), une autre coalition de l’opposition réunissant des opposants de longue date au Président Sassou-Nguesso.

A 66 ans, Tsaty Mabiala est l’ancien ministre de la Défense du président Pascal Lissouba (1992-1997). Rentré d’exil en 2006, il occupe actuellement les fonctions de député de Loudima, dans la Bouenza, un des trois plus grands départements du Congo-Brazzaville. Il est également Secrétaire général de l’UPADS et Président du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale depuis 2007. Ce militant de la première heure et politicien chevronné se présentera pour la première fois à une élection présidentielle. « Cette fois-ci, je suis partant » a-t-il déclaré, alors que « le boycott passif ne paie pas ».

Peut-il battre Sassou Nguesso ?

Face à lui, Denis Sassou-Nguesso reste un adversaire redoutable, bénéficiant d’un fort appui de la population. Les résultats du referendum sur la réforme de la Loi fondamentale d’octobre dernier ont été un réel plébiscite en faveur du chef de l’État avec plus de 92 % des voix en faveur de la révision. Une transformation institutionnelle de fond qui montre la volonté de Sassou-Nguesso d’être en phase avec les évolutions de la société congolaise. L’actuel Président jouit également d’une bonne image auprès de la communauté internationale. Perçu comme l’unificateur et le pacificateur du Congo-Brazzaville sorti de la guerre civile qui avait agité les années 1990, « Sassou » a réussi le pari difficile de faire consensus sur la scène internationale.

Dernier obstacle pour ses opposants : le bilan économique du Président. La diversification amorcée depuis plusieurs années porte enfin ses fruits. Beaucoup plus génératrice d’emplois qu’une économie de rente pétrolière, principalement basée off shore et qui mobilise peu de main d’œuvre, la nouvelle stratégie économique du gouvernement de Sassou-Nguesso, axée sur l’agriculture et les services, a amorcé un vrai tournant. Un tournant d’autant plus décisif que plus de 70 % de la population congolaise a moins de trente ans et est demandeuse de formations et d’emplois variés, adaptés à ses ambitions. Un message que le vainqueur du 20 mars prochain, quel qu’il soit, devra entendre.

Publié le 12 février 2016 à 17 h 11 min par Rédaction

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